02 août 2008
Reconnaissance institutionnelle et statutaire des enseignants formateurs en français langue étrangère et français langue seconde
Je suis toujours là, même si je ne suis pas très active sur la blogosphère en ce moment.
Enfin, juste un petit mot pour vous faire partager ceci, reçu par le biais du collectif FLE FLS (Merci à William Charton, du Bureau national du Collectif Fle Fls):
>>Question écrite n° 02889 de Mme Monique Cerisier-ben Guiga (Français établis hors de France - SOC) publiée dans le JO Sénat du 20/12/2007 - page 2312
Mme Monique Cerisier-ben Guiga attire l'attention de M. le ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement sur les enseignants de français langue étrangère et français langue seconde (FLE-FLS). Le domaine du "français langue seconde" correspond aux publics migrants - jeunes en âge de scolarisation, adultes - qui viennent s'installer durablement dans notre pays.
Les deux domaines de compétence des diplômés de FLE-FLS constituent une référence obligée de toute politique nationale et internationale pour la diffusion de notre langue mais aussi pour l'insertion réussie des étrangers en France. Ils doivent avoir toute leur place dans le dispositif du contrat d'accueil et d'intégration (CAI) des nouveaux migrants.
La reconnaissance statutaire de tous les personnels qui travaillent en FLE-FLS ainsi que la reconnaissance universitaire de leur discipline d'appartenance (la « didactique des langues-cultures ») et des diplômes qu'elle délivre dans le domaine de la formation des formateurs s'imposent désormais.
Pourtant, cette double reconnaissance est loin d'être acquise. Ainsi, la préfecture de Lyon a lancé une mission à titre expérimental en vue d'assurer la formation linguistique du niveau DILF (diplôme initial de langue française) à des populations immigrées. Cette mission a été confiée à des fonctionnaires actifs ou retraités qui, formés en seulement 38 heures, devront assurer des tâches d'enseignement. Sur le marché du travail, celles-ci nécessitent normalement non seulement une formation universitaire professionnalisante de type master mais aussi une solide expérience pratique de l'enseignement du français à des publics adultes qui sont souvent non scripteurs et non lecteurs dans leur langue maternelle. Enseigner le français à des adultes non francophones, tout comme l'enseignement en général, n'est pas un travail de non spécialistes et ne s'improvise pas.
L'ensemble de la profession est tout particulièrement concerné par la mise en concurrence avec des groupes de volontaires préfectoraux, "indemnisés" plus avantageusement que la rémunération plancher fixée par la convention collective des formateurs. Cela est d'autant plus regrettable que les professionnels du FLE et du FLS, diplômés et qualifiés au sein de nos universités ne manquent pas. Nombre d'entre eux sont au chômage ou en emploi partiel. C'est toute une profession qui est menacée. Mais c'est aussi toute une population, le public migrant, qui est engagée dans un processus d'échec. Les mesures de formation proposées ne sont pas adaptées et elles risquent de s'avérer inefficaces et en fin de compte non rentables.
Elle lui demande que s'engage rapidement une négociation entre les ministères concernés sur la question de la reconnaissance statutaire et institutionnelle des enseignants-formateurs en FLE-FLS et leur emploi préférentiel pour l'enseignement dans le cadre du CAI.
>>Réponse du Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire publiée dans le JO Sénat du 24/07/2008 - page 1509
L'État a mis en place des dispositifs nationaux visant à promouvoir systématiquement l'apprentissage du français au bénéfice des étrangers qui ne maîtrisent pas du tout, ou connaissent peu la langue française, qu'il s'agisse des nouveaux arrivants signataires du Contrat d'accueil et d'intégration (CAI), ce qui est prévu par la loi n°2006-911 du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et à l'intégration, des étrangers installés en France depuis plus longtemps, ou encore des salariés. Il est en effet reconnu que la connaissance de la langue du pays d'accueil constitue pour l'étranger un vecteur essentiel d'intégration : c'est une condition nécessaire et indispensable pour accéder rapidement à l'autonomie, notamment professionnelle, ainsi qu'à la citoyenneté. Les dispositifs linguistiques nationaux, mis en place par marchés publics par l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) et l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (Acsé), sont assurés par du personnel compétent, formé et reconnu. En effet, le cahier des charges de ces marchés fixe notamment en termes d'obligations à remplir par les prestataires de prescription linguistique comme de formation linguistique, que « les formateurs doivent posséder une formation initiale (maîtrise [désormais master]) français langue étrangère [FLE] ou équivalent) et/ou une expérience de l'enseignement du français aux étrangers. » De plus, concernant la passation du DILF dans le cadre du CAI, le cahier des charges de l'ANAEM précise que « seuls les examinateurs-correcteurs habilités sont autorisés à faire passer et à corriger les épreuves du DILF. Cette habilitation est délivrée par le Centre international d'études pédagogiques (CIEP). L'habilitation est délivrée à l'issue d'une session de formation en ligne (...). L'habilitation est nominative. La compétence et la qualification des formateurs sont donc des
préoccupations fortes dans le cadre de ces marchés nationaux. Enfin, concernant l'apprentissage du français par les salariés, désormais inscrit depuis la loi du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social comme un droit dans le code du travail (article L. 900-6), des travaux sont actuellement conduits par les services compétents de l'État pour promouvoir cet apprentissage auprès des entreprises, des syndicats et des branches professionnelles. Des accords-cadre nationaux ont d'ores et déjà été signés en 2006 et 2007, notamment avec la confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), la CFDT et le secteur de l'intérim, et d'autres accords devraient suivre en 2008. Ces accords-cadre soulignent notamment le besoin de formation en français des salariés en particulier migrants, mais également la nécessaire montée en compétences des organismes de formation pour répondre à cette demande d'apprentissage du français en milieu professionnel. Ce chantier de la formation des formateurs au «français compétence professionnelle » est ainsi mené par l'État en partenariat avec certaines têtes de réseau d'organismes de formation, notamment le Comité de liaison pour la promotion des migrants et publics en difficulté d'insertion (CLP). Toutes les garanties sont donc données à un respect des compétences des diplômés en FLE-FLS. S'agissant de l'opération menée par la préfecture du Rhône, il convient d'en indiquer le caractère expérimental. La question des moyens employés fera prochainement l'objet d'une évaluation au regard des éléments généraux rappelés précédemment.
Non mais vous avez remarqué les dates?...
20 juin 2007
Petite histoire de la diffusion du français
Je vous présente ici une petite histoire de la diffusion du français, synthétisée à partir de mes notes de lecture de l'ouvrage Cours de didactique du français langue étrangère et seconde de J.P. Cuq et Isabelle Gruca (ouvrage dont je vous recommande d'ailleurs la lecture).
Avant de vous présenter ce petit historique, il me semble important de préciser ce qu'est le français langue étrangère.
Le français n’est en effet pas une
langue étrangère pour tout le monde. D’après les auteurs du Cours de didactique du français langue étrangère et seconde, il existerait en fait
deux groupes principaux d’apprenants de FLE :
1- Des apprenants (jeunes
et adultes) qui vivent dans des pays non francophones et qui choisissent
d’apprendre le français ;
2- Des apprenants (jeunes et adultes) qui vivent dans des pays
francophones et qui ont choisi (ou non, selon que le système l’impose ou pas)
d’apprendre le français.
On peut donc dire que c’est grâce à sa diffusion (politique et culturelle) dans le monde que le français est devenu une langue étrangère. Les auteurs insistent d’ailleurs sur le fait que tout enseignant de FLE devrait au moins connaître « les grandes lignes des étapes de la diffusion historique de la langue française » (Cuq & Gruca, 2005, p. 19), qui sont les suivantes :
- 842 : Les Serments
de Strasbourg[1]
marquent la naissance du français ;
- 987 : Hugues Capet est le premier roi de France a
utilisé ce qui deviendra le français. C’est l’époque de l’ancien français qui
durera jusqu’au milieu du XIVème siècle ;
- XIVème et XVème siècles : Le
système de l’ancien français se simplifie ;
- 1529 : Création du futur Collège de France ;
- 1635 : Création, par le Cardinal Richelieu, de
l’Académie française ;
- XVIIème et XVIIIème
siècles : La colonisation permet au français de s’exporter hors de ses
frontières ;
- De la
Renaissance au XVIIIème siècle : C’est
l’époque du français classique, illustré par des écrivains tels que Molière et
Racine ;
- XVIIIème siècle : Le français devient
une langue internationale, « une véritable langue étrangère » (p.
20) ;
- De 1881 à 1886 : Les lois Ferry (la gratuité de
l'école primaire en 1881, l'enseignement
primaire obligatoire en 1882, etc.) permettent au français de s’imposer en
France et de devenir « langue maternelle dans les écoles de la république" (Cuq & Gruca, 2005, p. 20);
- XIXème et XXème siècles : Le
second empire colonial français
permet une plus grande expansion du français.
[1] Le 14 février 842 à Strasbourg, Charles le Chauve, roi de France et Louis, roi de Germanie, renouvellent leur alliance contre leur frère Lothaire, roi d'Italie et de Lorraine. Ce sont les Serments de Strasbourg.
31 janvier 2007
Sommes-nous "presque tous aux abois"?
Mon titre fait référence à un commentaire laissé sur le blogue FLE z'et merveilles (et oui, encore lui; je vous le recommande d'ailleurs ;-) en réponse au billet intitulé "C'est l'heure du bilan". Ce billet, ainsi que l'article auquel fait référence l'auteur(e) du blogue, m'ont laissée pensive... Nous, profs de FLE, sommes-nous vraiment "presque tous aux abois"?
Ne connaissant que quelques profs de FLE, je ne peux parler au nom de tous bien-sûr; c'est donc de moi que je vais vous parler (égocentrique vous dites? ;-).
Être ou ne pas être fleette, telle est la question! ;-)
Être fleette, c'est avoir envie d'enseigner le français langue étrangère.
Être fleette, c'est avoir envie de partir enseigner le français langue étrangère .... à l'étranger!
Être fleette, c'est être passionnée par les autres et leurs cultures.
Être fleette, c'est aimer la culture francophone et avoir envie de la partager.
Être fleette, c'est aimer rencontrer les autres, apprendre d'eux, découvrir leur univers, échanger...
Être fleette, c'est avoir l'esprit ouvert.
Être fleette, c'est ne pas courir après l'argent.
Être fleette, c'est aimer les langues.
Être fleette, c'est avoir des amis un peu partout dans le monde.
Être fleette, c'est enseigner à tous les niveaux, dans différentes institutions.
Être fleette, c'est aussi....
... accepter d'être payée $500 par mois avec un bac +5 et un poste à responsabilités. Pourquoi? Parce qu'être fleette ce n'est pas toujours souvent presque jamais être payée comme une "expat", et accepter donc d'être payée au même niveau que les profs locaux;
... accepter de laisser des amis derrière soi;
... accepter de changer de pays -presque- tous les ans;
... enseigner dans toutes les conditions possibles, avec ou sans préparation;
... payer son billet d'avion, ses frais de visa et son assurance sociale, parce que là encore, ce n'est pas notre cher gouvernement qui nous envoie;
... ne pas être officiellement reconnue comme professionnelle par son propre gouvernement (mais reconnue comme telle par de nombreux autres gouvernements, institutions, etc.);
... ne pas rester en France, ne pas passer de concours et ne pas être (mal)menée "par le bout du nez", baladée d'un endroit à l'autre au gré du MEN.
Être fleette, pour moi, c'est tout ça et surtout, lorsque je regarde en arrière, je me dis qu'être fleette m'a rendue follement heureuse...
Et vous?
30 janvier 2007
Il revient à la vie!
C'est décidé (en fait, c'est décidé depuis une semaine mais ça n'était pas officiel ;-): mon blogue reprend vie!
Commencé il y a un an, ce blogue avait lâchement été abandonné... par moi. Et oui. Sans honte, je l'avais presque délaissé, ne gardant qu'une petite flamme de vie, juste au cas où...
C'est en lisant le billet de Foxtrot (qui se demande "Pourquoi les profs de FLE ne bloguent-ils pas?") sur son blogue Fle z'et merveilles, que j'ai décidé de remettre ce blogue sur les rails et de lui redonner une deuxième jeunesse. Car après tout, je suis une prof de FLE (je le crie haut et fort, car j'en suis fière :) et je blogue! Je blogue beaucoup même. Matin, midi et soir (c'est trop vous trouvez? ;-) Mais en fait, je blogue surtout "perso". Je vous explique...
Je suis en congé maternité (youpiiiii) depuis 8 mois et le seul blogue dont je m'occupe vraiment est celui qui parle de mon bébé. Bah oui; non seulement j'en suis gaga (c'est mon premier ;-), mais en plus nos familles sont loin et ils adorent avoir des nouvelles; je ne peux quand même pas les décevoir. Néanmoins, j'ai toujours gardé un oeil sur mon blogue "pro" (celui-ci, vous suivez? ;-), le "nourrissant" de temps en temps, histoire qu'il garde la forme. Malgré tout, je ne l'ai jamais rendu "publique"................... jusqu'à aujourd'hui. C'est fait donc. Il est maintenant référencé! Youpi tralala :))) Il va enfin pouvoir réaliser ses rêves de grandeur: partage, collaboration et découverte. Car après tout, c'est un peu - beaucoup - pour ça que je lui ai donné vie; pour partager avec d'autres profs, d'autres fleettes (je suis un peu féministe sur ce coup-là; désolée mais le masculin de fleette ne sonne pas bien), découvrir leur univers, apprendre d'eux, échanger quelques astuces de profs, quelques idées d'activités, collaborer à un flemonde meilleur ;-)
Je me lance donc. C'est parti!
12 janvier 2006
Mon parcours, en bref... (ou presque)
Une fleette, une vraie :))
Comme il faut commencer quelque part, je vais commencer par.... le début? Non. Ce serait trop long (c'est que je ne suis plus toute jeune, ahahah!). Non. Je vais commencer par l'université.
Après deux années de LEA (Langues Etrangères Appliquées) en anglais et en allemand, j'ai décidé de poursuivre en anglais seulement. J'ai ainsi fait une licence d'anglais, et c'est là que mon amour (si, si! Disons-le!) pour le FLE (Français Langue Étrangère, que vous retrouverez ici également sous la forme FLS, Français Langue Seconde) est né. C'était à Angers... il y a 13 ans.
J'ai ensuite poursuivi avec ce qu'on appelait à l'époque une maîtrise (qui ne correspond plus à la maîtrise actuelle et que je vais donc appeler "baccalauréat", comme dans le système québécois). Dans le cadre de mon baccalauréat (en anglais et en français langue seconde [FLS]), je me suis rendue en Thaïlande (en 1998, pour un séjour plus court que prévu -je vous expliquerai pourquoi plus tard- ;-), pour former des professeurs de FLE/FLS et mettre au point avec eux le curriculum du cours (à l'Université Suan Dusit Rajabhat de Bangkok). De retour en France, j'ai entrepris un master (comme on dit en bon chinois ;-) en didactique du français langue seconde, politique linguistique et technologie éducative à l'université d'Angers/du Maine (à l'époque, cela s'appelait un DESS). Entre temps, j'ai eu l’occasion d’enseigner pendant un an dans une université mexicaine (la UADY) où j'étais également responsable de la conception de deux curriculums (un en FLE et un autre en FLE/anglais), ainsi que de la formation en didactique des enseignants de langues secondes. Une fois ma maîtrise complétée, je suis partie enseigner le FLE et l’ELS (Espagnol Langue Seconde) aux États-Unis pendant trois ans (de 2000 à 2003), dans une école secondaire (Ossining High School) où j'ai également pu "jouer" les technologues éducatifs en créant le curriculum d’un cours pré-universitaire en culture francophone; cours que j'ai enseigné l’année suivante.
Pour ce qui est de mon second amour, les TIC (je vous ai eu hein? vous pensiez que j'allais vous parler de mon homme ;-), ce n’est réellement qu’en 1999 (pendant ma maîtrise) que mon intérêt pour les technologies de l’information et de la communication s’est développé. Grâce à mon travail de bénévole (que je continue toujours aujourd’hui) au sein de la Cordell Hull Foundation for International Education (une fondation américaine à but non lucratif qui promeut l’éducation internationale), j'ai pu mettre à profit mon expérience et mes connaissances en formant de jeunes enseignants-stagiaires d’Amérique du sud à l’intégration des TIC; travail que j'ai également réalisé au sein de mon département à l’école secondaire Ossining high school aux Etats-Unis, ainsi qu’en Équateur lorsque j'y ai travaillé comme coordinatrice du département de FLS à l’Université catholique d'Ambato (2003-2004). L’enseignement des langues et la formation de formateurs ne me sont donc pas trop étrangers puisque je possède "déjà" plus de 10 années d’expérience.
Aujourd'hui, je suis professeure permanente et titulaire (en disponibilité) de français langue seconde au Québec et étudiante au doctorat en Technologie Éducative à l'Université Laval (Québec). Je suis en outre membre de plusieurs associations dont l’ACPLS, l’Association canadienne des professeurs de langues secondes.
