29 juin 2009
Prof en vacances
La prof qui est en moi est bien en vacances, mais l'éternelle étudiante que je suis, non.
Je reviens donc bientôt.
En passant, allez jeter un coup d'œil ici; il y a plein de choses drôles sur les profs.
05 juin 2009
On doit tous quelque chose à un professeur
35 secondes pour rendre hommage au plus beau métier du monde, par quelques personnalités*.
* Vous les avez toutes reconnues n'est-ce pas?
24 mai 2009
Quand ce sont les enseignants qui décrochent...
Dans le journal québécois Le Devoir [qui est un très bon quotidien, soit dit en passant] de la semaine dernière, je suis tombée sur un article intéressant "Quand le décrocheur, c'est le professeur...". Le titre est assez évocateur...
Cela m'a rappelé l'enquête de Karsenti T., Collin S., Villeneuve S., Dumouchel G. et Roy N. (2008). Pourquoi les nouveaux enseignants d’immersion ou de français langue seconde quittent-ils la profession? Résultats d’une enquête pancanadienne*. Ottawa, ON: Association canadienne des professeurs d’immersion.
Au Québec [je ne sais pas pour la France] on parle beaucoup de décrochage scolaire. C'est un thème récurrent en éducation, mais on ne parle que du décrochage des élèves. Malheureusement, en éducation, les élèves ne sont pas les seuls à "décrocher"; les profs aussi. Les jeunes [pas forcément par l'âge] profs devrais-je dire, puisque les statistiques canadiennes précisent que environ 1 enseignant débutant sur 4 abandonne la profession dans les 5 premières années. Cette situation, loin d'être spécifique au Canada, est au contraire internationale. L'étude de Karsenti & al. précise ainsi qu'
Aux États-Unis, Ingersoll (2002) note que le taux de décrochage enseignant est plus élevé que dans bien d’autres professions: 46 % des nouveaux enseignants délaisseraient l’école au cours des cinq premières années de pratique. L’étude comparative de Stoel et Thant (2002) de huit pays industrialisés montre qu’au Royaume-Uni, 40 % des enseignants débutants abandonnent la profession durant leurs trois premières années de pratique (Dolton et Van der Klaauw, en 1995, obtenaient près de 44 %) alors que l’Australie connaît 18 % de décrochage pour les femmes âgées de 25 à 29 ans, les données pour les hommes étant indisponibles (Stoel et Thant, 2002). Karsenti & al., 2008, p. 12 du rapport final
Il est intéressant de remarquer que la France, l’Allemagne ou le Portugal ont un "taux d’attrition inférieur à 5 %"(Karsenti & al., 2008, p. 12 du rapport final). Connaissant le système français, cela ne m'étonne pas. On ne quitte pas l'EN comme ça! [Allez demander à Pépina!]. Ce qui m'étonne par contre, ce sont les hypothèses avancées par Stoel et Thant (2002); non pas celle qui parle de "la centralisation du système éducatif", mais plutôt celles qui parlent "des programmes d’enseignement, [de] la non mise en cause des enseignants en cas d’échec des élèves et [d']une évaluation davantage formative que sommative du corps enseignant." Je ne vais pas élaborer aujourd'hui [il y aurait beaucoup trop à dire]; je crois néanmoins que les programmes d'enseignement ne sont pas meilleurs ou plus adaptés en France, que les enseignants français sont également parfois mis en cause en cas d'échec des élèves et que l'évaluation des enseignants français est loin d'être plus formative que sommative! [J'attends les commentaires des collègues français avec impatience]
Alors, pourquoi est-ce que les enseignants "décrochent"? Bien-sûr, on pense tous aux élèves difficiles. S'il est vrai que la -parfois très difficile- gestion de classe est l'un des motifs d'abandon, ce n'est pas le seul. Dans les deux écrits, les auteurs rappellent que le manque de soutien des collègues et de l'administration est souvent cité comme un facteur aggravant le décrochage/l'abandon chez les enseignants. Dans l'enquête de Karsenti & al. le manque de soutien des collègues et de l'administration serait même plus important que le manque de soutien des parents (d'élèves), autre facteur cité dans les deux écrits. Je dois avouer que j'ai moi-même pu constater le manque de collaboration/coopération dans les différentes écoles françaises (de France) et les écoles québécoises. Bien entendu, je ne peux pas généraliser puisque dans chaque école j'ai pu également constater que certains collègues étaient toujours prêts à aider, à collaborer, à coopérer. Par contre, je ne pourrai pas en dire autant des administrations...
Tout ça pour dire (et je le répète!) que la COLLABORATION et la COOPÉRATION sont deux valeurs extrêmement importantes et encore plus dans notre milieu. L'enquête de Karsenti & al. conclue d'ailleurs sur l'importance du mentorat. Je crois que les profs ont une nette tendance à l'individualisme. Et bien moi je dis que EDUCATION et INDIVIDUALISME sont deux termes antinomiques!!!
* Vous pouvez lire le rapport final ici ou bien une synthèse là.
20 mai 2009
Grand Corps Malade - Education Nationale: réflexions.
Comme promis, me revoici avec un nouveau billet sur la chanson de Grand corps malade: l'éducation nationale.
D'abord, les paroles:
"J'm'appelle Moussa, j'ai 10 ans, j'suis en CM2 à Epinay
Ville du 93 où j'ai grandi et où j'suis né
Mon école elle est mignonne même si les murs sont pas tous neufs
Dans chaque salle y a plein de bruit moi dans ma classe on est 29
Y a pas beaucoup d'élèves modèles et puis on est un peu dissipés
J'crois qu'nous sommes ce qu'on appelle des élèves en difficulté
Moi en maths j'suis pas terrible mais c'est pas pire qu'en dictée
C'que j'préfère c'est 16h j'retrouve les grands dans mon quartier
Pourtant ma maitresse j'l'aime bien elle peut être dure mais elle est patiente
Et si jamais je comprends rien elle me ré-explique elle est pas chiante
Elle a toujours plein d'idées et de projets pour les sorties
Mais on a que 2 cars par an qui sont prêtés par la mairie
Je crois que mon école elle est pauvre, on n'a pas de salle informatique
On n'a que la cour et le préau pour faire de la gymnastique
A la télé j'ai vu que des classes faisaient du golf en EPS
Nous on a que des tapis et des cerceaux et la détresse de nos maîtresses
Alors si tout s'joue à l'école, il est temps d'entendre le SOS
Ne laissons pas s'creuser l'fossé d'un enseignement à deux vitesses
Au milieu des tours y a trop de pions dans le jeu d'échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fou dans des défaites spectaculaires
L'enseignement en France va mal et personne peut nier la vérité
Les zones d'éducation prioritaires ne sont pas des priorités
Les classes sont surchargées pas comme la paye des profs minés
Et on supprime des effectifs dans des écoles déjà en apnée
Au contraire faut rajouter des profs et d'autres métiers qui prennent la relève
Dans des quartiers les plus en galère, créer des classes de 15 élèves
Ajouter des postes d'assistants ou d'auxiliaires qui aident aux devoirs
Qui connaissent les parents et accompagnent les enfants les plus en retard
L'enseignement en France va mal, l'état ne met pas assez d'argent
Quelques réformes à deux balles pour ne pas voir le plus urgent
Un établissement scolaire sans vrais moyens est impuissant
Comment peut on faire des économies sur l'avenir de nos enfants
L'enseignement en France va mal car il rend pas les gens égaux
Les plus fragiles tirent l'alarme mais on étouffe leur écho
L'école publique va mal car elle a la tête sous l'eau
Y a pas d'éducation nationale, y a que des moyens de survies locaux
Alors continuons de dire aux p'tit frères que l'école est la solution
Et donnons leur les bons outils pour leur avenir car attention
La réussite scolaire dans certaines zones pourrait rester un mystère
Et l'égalité des chances un concept de ministère
Alors si tout s'joue à l'école, il est temps d'entendre le SOS
Ne laissons pas s'creuser l'fossé d'un enseignement à deux vitesses
Au milieu des tours il y a trop de pions dans le jeu d'échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fous dans des défaites spectaculaires.
J'm'appelle Moussa, j'ai 10 ans, j'suis en CM2 à Epinay
Ville du 93 où j'ai grandi et où j'suis né
C'est pas d'ma faute à moi si j'ai moins de chance d'avoir le bac
C'est simplement parce que j'vis là, que mon avenir est un cul de sac."
Ah cette dernière phrase. Comme d'habitude, le texte est excellent, mais cette dernière phrase surtout me fait penser au film Aïcha vu la semaine dernière sur France2. Ce film, de Yamina Benguigui, nous montre la vie d'une famille d'origine algérienne, qui vit à côté de Paris ("de l'autre côté du périph nord"). A travers Aïcha, la fille aînée, on découvre tout un côté de la vie des enfants d'immigrés; la pression familiale notamment, mais aussi le fait que ces enfants sont non seulement marqués par leur nom d'origine maghrébine, mais également par leur lieu de résidence. Ils sont catalogués "93" (département de la Seine-Saint-Denis) comme ils sont catalogués "Arabes"; deux "handicaps" que la société française ne pardonne pas. On comprend alors pourquoi Aïcha cherche à tout prix à "vivre de l'autre côté du périphérique, à Paris, ville de tous les possibles..." Malheureusement, cette situation n'est pas spécifique à Paris, ni même aux grandes villes (j'en sais quelque chose); ni même à la France. Pfffffffffff. Dans quel monde vivons-nous? Bon, je m'égare. Je viens tout à coup de remonter le temps et ça me fait tout drôle...
Revenons à nos moutons [là, je regarde le titre de mon billet et je me rappelle ;-)].
L'éducation nationale en France est un "grand corps malade" (si vous me permettez), nous le savons depuis longtemps; mais il n'y a bien qu'un slammeur* de génie comme Grand corps malade pour nous le dire avec des mots si simples, des mots qui vont droit au but et au coeur. D'abord, je vous dirai qu'en tant que prof, j'ai été touchée par le fait que Grand corps malade ne "tape" pas sur les profs, comme beaucoup le font (est-ce bien utile d'insister sur le fait que dans ces "beaucoup" il y a beaucoup de parents?!). Dans sa chanson, Moussa aime bien sa maîtresse et comprend qu'elle essaie de faire son métier du mieux qu'elle le peut. Bon, il est peut-être un peu idéaliste sur ce point car nous savons pertinemment que beaucoup de nos élèves n'en ont pas la moindre idée. Mais je dirais également qu'il y a bien plus d'élèves qui se rendent compte de nos efforts, de notre engagement, etc. que ce qu'on peut croire. Et puis, comment ne pas parler de cette allusion aux suppressions de postes en éducation? Comment peut-on faire passer d'autres budgets avant celui de l'éducation? L'Éducation (oui, je mets un E majuscule!) est ce qu'il y a de plus important dans une société. Une société sans éducation n'est rien et ne va nulle part (où alors, droit dans le mur et aidée en cela par un dictateur). Bon, le budget de la santé est également important, mais si on fait notre boulot en éducation, et bien, le budget de la santé s'en trouvera beaucoup mieux. Tiens, ça me fait penser à Cuba ça. J'adore Cuba et ne suis pas très objective quand j'en parle, mais je ne dois pas être la seule quand je dis que eux, au moins, ont tout compris puisque l'éducation est entièrement gratuite (tout comme la santé d'ailleurs) de la maternelle à l'université. Bon, après, il y aurait beaucoup à dire au sujet de Cuba, mais on ne peut en tout cas rien leur reprocher en matière d'éducation (bien au contraire). [ça y est; je m'égare à nouveau]
Je crois bien que je ne vais jamais finir ce billet sur la chanson de Grand corps malade. Allez, je vous laisse là pour l'instant. Je vous reviens plus tard.
* On écrit "slameur" ou "slammeur"? J'ai opté pour la deuxième option et ce, par rapport au terme "rappeur" que l'on écrit avec deux p.
19 mai 2009
Grand Corps Malade - Education Nationale
Grand Corps Malade - Education Nationale
Merci à Sylvain pour ce lien.
Je vous reviens bientôt avec mes réflexions.
13 mai 2009
Quand la déprime guette...j'enseigne!
Tranche de vie...
Ce matin, une désagréable nouvelle au lycée m'a mise de mauvais poil. Vers 10h30, je commençais même à être sérieusement déprimée. Vers 12h, en déjeunant avec quelques collègues drôlement sympas, ça allait un peu mieux, mais je ne cessais de penser à cette mauvaise nouvelle et je ressassais toujours les mêmes idées. A 13h, lorsqu'il m'a fallu aller enseigner aux 1ères ESL, j'étais loin d'être motivée... Et puis: tadam! Me voilà sur l'estrade, face à tous ces ados qui me disent bonjour en souriant, me demandent comment je vais, et hop! J'écris mon plan de cours au tableau tout en répondant nonchalamment à leurs questions. La sonnerie retentit: j'ai à nouveau endossé mon costume préféré -celui de prof- et tout va bien. Pendant deux heures, je ne pense à rien d'autre qu'à ces petites têtes blondes en face de moi, à cette nouvelle que j'essaie de rendre intéressante, à ce dialogue qu'ils s'évertuent à présenter, à leurs efforts pour parler anglais, à mon boulot de prof quoi.
Les mauvaises nouvelles? Y-en a pas! Les soucis? Envolés! Le soleil brille et mes élèves aussi.
Je suis une bergère et mes élèves sont mes .......... étoiles (pas mes moutons, non! ;-))


