19 décembre 2008
1000 images sur le bout de la langue: expressions idiomatiques en 3 langues
1000 images sur le bout de la langue est un site trilingue interactif génial qui s'intéresse aux expressions idiomatiques, si fascinantes, mais si difficile à comprendre et encore plus difficile à traduire.
Prenez par exemple l'expression française "Attendre la semaine des 4 jeudis". Saviez-vous qu'en espagnol ce n'est pas du jeudi qu'il s'agit, mais du vendredi ("Esperar la semana que no traiga viernes") ? Et qu'en anglais on parle plutôt de vaches ("Wait till the cows come home")?!! ;-) Ah, quelle opportunité fabuleuse pour travailler l'interculturel...!
Ce sont ainsi plus de 1200 expressions, classées par catégorie et
par mots-clés que vous pouvez retrouver sur ce site. Encore plus fort: chaque expression est présentée en contexte dans un court texte qu'on peut non seulement lire, mais écouter. Chaque fichier audio-numérique permet ainsi de bien saisir toutes les nuances dans la
prononciation des 3 langues (français, anglais, espagnol). Et pour ceux qui rêvent d'activités pédagogiques autour de ces merveilleuses expressions imagées, le site en propose une belle panoplie, de
même que de petites animations humoristiques très sympathiques.
Allez, je vous laisse découvrir cette perle. Bonne visite!
11 décembre 2008
Notre réseau culturel à l'étranger encore "attaqué".
On ne peut pas dire que je suis une fervente lectrice du "Nouvel obs", mais j'avoue y lire quelques articles, de temps en temps. En voici un qui ne manquera pas de vous intéresser.
La France brade son réseau culturel à l'étranger est un "coup de gueule" lancé par Dominique Wolton, directeur de l'Institut des Sciences de la Communication du CNRS et de la revue Hermès. Contre quoi proteste Monsieur Wolton me demandez-vous? Contre les restrictions que va -encore- subir le budget pour l'action culturelle française (et francophone) à l'étranger. En effet, il semblerait que nos centres, nos alliances, nos lycées français, etc. ne soient plus aussi efficaces que par le passé en termes de rayonnement culturel français à l'étranger. Ceci explique sans doute pourquoi « les
crédits précisément consacrés aux projets de coopération culturelle sont les seuls à baisser, à hauteur de - 13 % dans le programme n° 185 [pour le rayonnement culturel et scientifique de la France à l'étranger][1]».
Heureusement que tous les sénateurs ne croient pas cela et que certains, comme Yves Dauge se mobilisent. Il faudrait évidemment bien plus d'appui au niveau politique pour que, déjà, on valorise « toutes ces femmes et tous ces hommes - plus de 2 000 personnes - qui assurent la présence française à l'étranger et qui possèdent une expérience extraordinaire, totalement négligée. Il faudrait sortir de cette règle de la fonction publique qui veut que personne n'ait le droit de parler en dehors du ministre. Que le ministre ait le monopole de la parole politique, c'est normal. Mais, pour le reste, que cent fleurs s'épanouissent ![2]»
[1] Citation de Yves DAUGE (sénateur). (2008). Avis présenté en annexe au procès-verbal de la séance du 20 novembre 2008, au nom de la commission des Affaires culturelles sur le projet de loi de finances 2009.
[2] Dominique Wolton. (2008). La France brade son réseau culturel à l'étranger. Le nouvel observateur.
21 novembre 2008
Un webdocumentaire pour mes élèves
C'est en parcourant le site du Monde (Le Monde.fr) que je suis tombée sur ce FORMIDABLE (et je pèse mes mots) webdocumentaire (c'est comme ça que ça s'appelle) de Samuel Bollendorff et Arnaud Dressen: Voyage au bout du charbon.
C'est dans un format peu commun que les auteurs nous présentent la situation dramatique des mineurs de charbon en Chine (ces mines sont réputées pour être les plus dangereuses du monde).
"Dans Voyage au bout du charbon, le spectateur est mis dans la peau d'un journaliste d'investigation". Outre ses qualités informatives et artistiques, ce webdocumentaire présente des qualités pédagogiques indéniables. J'ai donc eu l'idée de le proposer à mes élèves* (de niveau moyen et avancé). Non seulement les élèves doivent lire les informations présentées dans ce documentaire interactif, mais ils doivent en plus prendre des décisions (d'où l'interaction ;-) et se comporter en vrai journaliste pendant une vingtaine de minutes. En plus, je leur ai demandé d'écrire un rapport sur ce qu'ils avaient trouvé et de le présenter à la classe. J'avais peur que toutes les présentations se ressemblent, mais non.
L'exercice fut très intéressant, et tous mes élèves ont beaucoup aimé le webdocumentaire**. Certains m'ont même demandé comment faire un webdocumentaire. J'ai trouvé que ce serait une excellente -prochaine- activité.
* C'est par l'intermédiaire de ma remplaçante (je suis toujours en congé maternité) que j'ai pu mettre cette activité en place, et en suivre le cours.
** Comme travail supplémentaire facultatif, j'ai proposé à certains élèves de choisir l'un des personnages du documentaire , d'imaginer ce qu'il/elle était devenu/e depuis le documentaire (tourné en 2006) et de le raconter à la classe (ou simplement de l'écrire).
20 septembre 2008
Le FLE/FLS... un peu partout dans le monde + une petite activité interculturelle
Hier, en postant un nouveau billet ici même, je me suis amusée à regarder la provenance des visiteurs de ce blog. Et bien, s'il est vrai que la majorité vient de France, je suis quand même ravie de constater, à nouveau, que le FLE/FLS intéresse des personnes qui se trouvent un peu partout dans le monde.
Cela me rappelle une activité que j'ai faite avec mes élèves américains (de l'époque) dans le cadre de ma quinzaine de l'interculturel. Cette activité peut être adaptée selon les niveaux. Je vous en propose ici les grandes lignes:
1- Essayer de leur faire deviner les pays de la liste: on donne à un apprenant le nom du pays que les autres apprenants doivent découvrir en lui posant des questions (fermées uniquement). On refait la même chose avec le deuxième pays et un autre apprenant; etc.
2- Découvrir ce qu'ils savent de ces pays: donner environ 5 minutes à chaque groupe d'apprenants pour trouver au moins trois informations sur chaque pays; en faire ensuite la présentation à l'oral de manière informelle.
*Est-il bien utile de rappeler qu'il faudra vous-même vous renseigner sur ces pays...? ;-)
3- Stéréotypes ou non?: à partir des informations précédemment données, travailler la question du stéréotype. Il s'agit là d'une activité de type débat. A vous de décider si vous voulez travailler la question du stéréotype en général AVANT cette activité ou bien pendant.
4- Si tous vos apprenants viennent du même pays, vous pouvez alors ajouter leur pays à la liste et travailler sur les stéréotypes en leur demandant par exemple ce qu'ils croient qu'on dit/pense d'eux à l'étranger.
Grâce à cette activité, j'ai beaucoup appris de mes apprenants, qui m'ont étonnée, notamment par leurs connaissances et aussi par le fait qu'ils dénigraient leur culture au lieu de l'encenser.
01 février 2007
Questionnaire interculturel
J'ai eu, il n'y a pas longtemps, à créer un questionnaire interculturel pour des stagiaires mexicains actuellement aux Etats-Unis.
Comme la dimension interculturelle fait toujours partie intégrante de notre enseignement (c'est en tout cas ce que je crois), je me suis dit que ces questions pourraient servir à d'autres...
Je vous les livre donc ici, en vrac.
Source: Unesco
-QUESTIONNAIRE INTERCULTUREL 2007-
- A votre avis, quelle image se font les Mexicains des Américains ?
- Que pensez-vous du comportement des Américains lorsqu’ils sont à l’étranger ?
- Quels sont, à votre avis les stéréotypes les plus courants sur les Américains ?
- Comment décririez-vous Monsieur Smith ? Comment se différencie-t-il de Señor Pérez?
- Quels sont pour vous les symboles nationaux du Mexique ? Des Etats-Unis ?
- Quelle est l’attitude des Mexicains face à l’autorité ? (gouvernement, police, école, etc.)
- Quelles sont pour vous les différences d’attitude face à l’autorité entre les Mexicains et les Américains ?
- Comment décririez-vous une famille "moyenne" mexicaine ? Quels sont les rôles de chacun ?
- Quelles différences voyez-vous entre une famille "moyenne" mexicaine et une famille "moyenne" américaine ?
- Quelle est l’attitude des Mexicains face à des personnes d’autres cultures ? Celle des Américains ?
- Comment compareriez-vous la place et le rôle de la télévision au Mexique et aux Etats-Unis ?
- Comment compareriez-vous la place de la voiture au Mexique et aux Etats-Unis ?
- Existe-t-il des sujets tabous au Mexique ? Aux Etats-Unis ?
- Comment compareriez-vous les habitudes alimentaires, culinaires, de comportement à table, etc. des Mexicains et des Américains ?
- Comment compareriez-vous les jeunes enfants (entre 6 et 12 ans) mexicains et américains ?
- Quelles différences voyez-vous entre une maison mexicaine et une maison américaine ?
- Avez-vous été confronté à une situation d’incompréhension entre vous et une personne américaine ? Si oui, qu’est-ce que cela vous a appris ? Feriez-vous les choses différemment aujourd’hui ?
- Avez-vous ressenti le mal du pays ? Quand ? Est-ce que c’est passé et si oui, comment ?
- Quels conseils donneriez-vous à un nouveau stagiaire qui a peur d’avoir le mal du pays ?
- Si vous deviez décrire les États-Unis en trois mots, quels seraient-ils?
11 novembre 2006
La nécessaire éducation à l'interculturel
S’intéresser à l’interculturalité c’est s’intéresser à nos semblables. De plus en plus, les personnes voyagent, émigrent, immigrent, échangent, découvrent, dialoguent. Nos déplacements sont facilités par les nouvelles technologies qui auraient fait rêver plus d’un des grands explorateurs ! Nous prenons un avion comme certains prenaient le train il y a de cela encore quelques décennies.
Source: Université de Montréal
Semaine interculturelle
D’après les données de l’Organisation Internationale des Migrations « un habitant de la planète sur 35 est un migrant international » et on estime qu’« au cours des 35 dernières années le nombre de migrants internationaux a plus que doublé ».
Les frontières n’existent presque plus (au moins sur le plan de l’espace), preuve en est l’Europe qui ne comptait que 6 membres alors qu’aujourd’hui elle en compte 25 (et bientôt plus). Cette union de différents pays a permis entre autres à ses citoyens de se déplacer plus facilement. Par exemple, « depuis 1987 plus d'un million de jeunes Européens ont eu l'occasion d'étudier à l'étranger avec le soutien de l'Union1 ».
La distance est également presque abolie puisqu’il ne faut plus que quelques heures pour traverser l’Atlantique, alors qu’il fallait plusieurs mois aux grands explorateurs. Internet participe aussi à ce mouvement; où que nous nous trouvions, nous pouvons communiquer (parler, voir, écrire) avec une personne se trouvant à l’autre bout de la planète.
La mondialisation met donc en présence des personnes, des groupes d’individus de différents horizons. Par exemple les données de l’OCDE sur les migrations nous indiquent qu’en 2001 des personnes d’au moins quinze nationalités différentes ont immigré en France2. Pour le Canada Citoyenneté et Immigration Canada nous apprend que les résidents permanents proviennent d’au moins seize pays ‘sources’3.
Dans un tel contexte, il est donc naturel que les cultures s’interpellent. Les rencontres interculturelles font de plus en plus partie de notre environnement.
Je pose comme hypothèse que la conséquente mise en présence continue des cultures et des humains pourrait nous permettre une plus grande ouverture et une plus grande curiosité sur les choses, sur les cultures et sur les autres êtres humains. Mais que signifie exactement « ouverture » ? ‘Mise en présence’ ne veut pas forcément dire qu’il y ait échange ou dialogue. Une « ouverture » s’opposerait à une simple juxtaposition d’individualités et de cultures irréconciliables ou même parfois sources de conflits qui inciteraient d’ailleurs certains groupes (ethniques) à se refermer sur eux-mêmes (racisme, stéréotypes, etc.). C’est en somme dans ce champ de réflexions qu’œuvre l’interculturalité. Et l’une des actions vers l’ouverture et contre le repliement est entrevue dans l’éducation et plus précisément dans la conscientisation.
26 octobre 2006
Citation
Je trouve cette citation de Claude Lévi-Strauss formidable. Je vous la livre donc ici (désolée, je ne sais plus sur quel site je l'ai trouvée... :-/).
« La nécessité de préserver la diversité des cultures dans un monde menacé par la monotonie et l'uniformité n'a certes pas échappé aux institutions internationales. Elles comprennent aussi qu'il ne suffira pas, pour atteindre ce but, de choyer des traditions locales et d'accorder un répit aux temps révolus. C'est le fait de la diversité qui doit être sauvé, non le contenu historique que chaque époque lui a donné et qu'aucune ne saurait perpétuer au-delà d'elle-même. Il faut donc écouter le blé qui lève, encourager les potentialités secrètes, éveiller toutes les vocations à vivre ensemble que l'histoire tient en réserve; il faut aussi être prêt à envisager sans surprise, sans répugnance et sans révolte ce que toutes ces nouvelles formes sociales d'expression ne pourront manquer d'offrir d'inusité. La tolérance n'est pas une position contemplative, dispensant les indulgences à ce qui fut ou à ce qui est. C'est une attitude dynamique, qui consiste à prévoir, à comprendre et à promouvoir ce qui veut être. La diversité des cultures humaines est derrière nous, autour de nous et devant nous. La seule exigence que nous puissions faire valoir à son endroit (créatrice pour chaque individu des devoirs correspondants) est qu'elle se réalise sous des formes dont chacune soit une contribution à la plus grande générosité des autres. »
Claude Lévi-Strauss, Le double sens du progrès, in Race et histoire, éditions Gonthier, UNESCO, 1961.

