TIC@le: TIC, langues et formation des enseignant(e)s

Blogue d'une prof de français (langue seconde et étrangère) passionnée par les TIC(E), les langues et la formation (continue) des enseignant(e)s. De nombreuses activités pour le FLE, le FLS et autres langues secondes et étrangères. Plein de liens pour l'en

05 février 2009

Les adolescents et les réseaux sociaux, thèse de Danah Michele Boyd, partie 2

Comme promis, me revoici pour vous parler de la thèse* de Danah Michele Boyd dont j'ai tant apprécié la lecture.
Comme mon blogue ne me semble pas être le lieu approprié pour une étude complète et académique de cette thèse (d'autant que cette lecture est un peu en marge de mes recherches), ce sont mes impressions de lecture que je veux vous livrer.

Même si la lecture de ce travail fut, du début jusqu'à la fin, passionnante, certains chapitres m'ont laissé une impression plus forte que d'autres. C'est le cas du chapitre 6, Power and control (Boyd D., 2008, pp. 241-292). Ce chapitre s'intéresse aux relations de pouvoir et de contrôle que les adultes exercent sur la vie -réelle et virtuelle- des adolescents. Comment ces relations influencent-elles l'utilisation des réseaux sociaux par les adolescents? D'ailleurs, quelle est la principale utilisation des réseaux sociaux par les adolescents?  Les réseaux sociaux présentent-ils des risques? Quelles sont les inquiétudes des adultes? Comment les adolescents comprennent-ils (ou non) et s'adaptent-ils face aux craintes des adultes (et en particulier, de leurs parents)?

Comme le rappelle l'auteure, les relations parents/adolescents ont de tout temps été difficiles et tendues (le fameux "fossé des générations"); la frustration étant généralement un élément central de cette relation ("Their parents' use of power and authority frustrates them." Boyd D., 2008, p. 241). Cette frustration est souvent causée par ce que les intéressés appelleraient la non-compréhension [et je rejoute] mutuelle ("Lolo and Gabriella think their parents do not understand them." Boyd D., 2008, p. 242). Quand la technologie s'en mêle, cela ne semble pas arranger les choses. En effet, de nombreux conflits intergénérationnels viennent du fait que les craintes des adultes prennent le pas sur leur compréhension du phénomène: les adolescents ont besoin d'interagir, de socialiser et les réseaux sociaux sont  aujourd'hui pour eux (presque) une nécessité ("By not understanding the ways in which technology -and particularly networked publics- is shaping teens' lives, adults reinforce the generation gap that divides them." Boyd D., 2008, pp. 244-245).

Une échappatoire

Les adolescents ont toujours cherché des endroits pour se retrouver, pour être simplement ensemble. L'école leur permet de socialiser (oh combien cette dimension -souvent oubliée- est importante), mais pas de se retrouver dans un cadre informel, où seules comptent les histoires qu'ils se racontent, les amitiés qui se font et se défont, etc. Avant l'avènement des réseaux sociaux, les adolescents se retrouvaient dans les centres commerciaux (surtout aux Etats-Unis), dans les cafés (en France en tout cas), sur les places publiques, à la sortie du lycée/collège; tout endroit qui leur permettait de se rencontrer à plusieurs sans la constante surveillance des adultes/parents. Aujourd'hui, la mobilité -souvent- réduite des adolescents ne leur permet pas toujours/plus de se rencontrer dans un espace physique autre que l'école; les réseaux sociaux sont donc pour eux une échappatoire ("Most teens I interviewed joined social network sites to interact with friends and peers, often to escape structural and social limitations they faced in other contexts." Boyd D., 2008, p. 290). Cette échappatoire est d'autant plus nécessaire que le contrôle des adultes sur la vie des adolescents semble s'être accentué (ne vit-on pas dans une société de plus en plus dangereuse?...), ce qui pousse les jeunes à rechercher des contextes qui leur permettraient d'échapper à ce contrôle pesant. Les réseaux sociaux semblent offrir une telle opportunité; c'est sans compter sur la crainte des adultes/parents qui en arrivent à vouloir également contrôler ces milieux ("Social media has become a battleground for struggles between some adults and teens. Many teens turned to social media to escape control and yet parents and authorities followed them there." Boyd D., 2008, p. 243).

Les craintes et le contrôle des adultes/parents

Le contrôle que veulent exercer les parents/adultes sur la vie des adolescents et plus précisément sur leur utilisation des réseaux sociaux semble n'être motivé que par leur seule inquiétude. Cette inquiétude, largement alimentée par les média, ne paraît pourtant pas fondée. La controverse qu'il y a eu aux États-Unis autour de MySpace et de ses -potentiels- dangers (MySpace moral panic) n'a fait que renforcer une certaine perception (négative) de MySpace en donnant aux risques réels des proportions démesurées ("As with moral panics, the one concerning MySpace had more to do with perception than reality (Marwick 2008). [...] the myths and realities of risk were completely disconnected. [Wolak et al. 2008; Ybarra and Mitchell 2008, cités dans Boyd D., 2008, p. 266]). Contrairement à ce que pensent la plupart des adultes, les adolescents sont conscients de ces risques. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle certains jeunes choisissent de ne pas participer aux réseaux sociaux. Pourtant, aucun des adolescents rencontrés par Danah Michele Boyd n'a personnellement fait l'expérience de tels risques; mais la médiatisation -à outrance- de certains cas d'enlèvement, de viols etc. en lien avec les réseaux sociaux a atteint son but: les parents ET les adolescents ont peur ("Their [teens'] fears are not rooted in personal experience but in media coverage, parental concerns, and poor risk assessment". Boyd D., 2008, p. 269).

Pour se prémunir contre les -potentiels- risques des réseaux sociaux, les adultes/parents ont recours à différents moyens:

  • La loi: aux États-Unis, certains projets de loi (comme le Deleting Online Predators Act) ont essayé d'interdire l'accès aux sites de réseaux sociaux (entre autres) dans les écoles et les bibliothèques. Ces projets ont généralement été considérés comme anticonstitutionnels.

  • Les restrictions physiques: De nombreux adolescents interrogés par Danah Michele Boyd racontent que leurs parents ne les laissent pratiquement jamais sortir seuls, par peur des dangers. Pour certains jeunes, seules les visites chez des amis leur permettent d'aller sur les sites de réseaux sociaux. Leurs parents, en les limitant physiquement, leur ôtent cette opportunité. Non seulement ils ne peuvent pas socialiser "dans la vie réelle" (ce que veut dire IRL [In Real Life] en langage de messagerie instantanée), mais ne peuvent pas non plus le faire par le biais des réseaux sociaux. Comme le répète souvent l'auteure, le besoin de socialisation est essentiel chez les adolescents et chaque opportunité compte.

  • Les emplois du temps (sur)chargés: le contrôle (et la surcharge) des emplois du temps de leur(s) enfant(s) est un autre moyen pour limiter l'accès des jeunes aux réseaux sociaux (virtuels -ou non!-) et à l'Internet en général ("Rather than simply enacting physical restrictions, Enrique and many other parents chose to limit their children's mobility by instituting extensive schedules and structure. [...] I interviewed teens whose social worlds were limited through such structing and found that many were burned out." Boyd D., 2008, p. 280). Ainsi, certains parents, excessifs, en arrivent à épuiser -physiquement et moralement- leur(s) enfant(s) (Myra, une jeune adolescente raconte: "Usually my mom will have things scheduled for me to do. So I really don't have much choice in what I'm doing Friday nights... I haven't had a free weekend in so long. I cannot even remember the last time I got to choose what I wanted to do over the weekend." Boyd D., 2008, p. 281).

  • Les indiscrétions ("Limiting teenagers' privacy is another mechanism of control." Boyd D., 2008, p. 283): certains parents pensent bien faire en s'immisçant dans la vie privée de leur(s) enfant(s). Il y a ceux que Danah Michele Boyd appellent les "helicopter parents" (j'aime beaucoup cette expression ;-) qui essayent de tout contrôler de la vie de leur(s) enfant(s) pour être sûr de tout savoir, de ne rien manquer et de tout vérifier. Sans tomber dans de tels excès, certains parents essayent tout simplement de ne rien perdre de la vie de leur(s) enfant(s), quitte à devoir -mine de rien- écouter leurs conversations téléphoniques, etc. ("At one extreme are "helicopter parents" who actively monitor every aspect of their children's live and intervene on their children's behalf. More commonly, parents simply try to "overhear" everything that happens at home." (Boyd D., 2008, p. 283). En ce qui concerne Internet, les parents invoquent souvent sa dimension publique pour justifier leur indiscrétion: "Si tu ne veux pas que je le lise, ne le publie pas sur Internet!" ou encore "Internet est pour tout le monde!" ("While some parents believe that teens have no right to privacy whatsoever, a more common view is that because the Internet is "public", parents have the right to look at anything that teens post there." Boyd D., 2008, p. 285). Enfin, certains parents (et j'espère sincèrement qu'il ne s'agit là que d'une très petite minorité) vont jusqu'à installer des logiciels de surveillance (que je ne peux appeler "logiciels espions" [et pourtant...] associés aux fameux Spyware) comme Family Kee Loger, SpyAgent et autres qui permettent aux parents de savoir ce qui se passe sur leur ordinateur en leur absence ("Additionally, because many parents believe that they have a right to know what their children are saying online, new technologies have emerged that allow parents to track every keystroke and every mouse click. It is not clear whether or not these parents would attach a spy-cam to their children if they could." Boyd D., 2008, p. 287).

La non-compréhension et le fossé des générations

Comme dans toute relation, ce qui compte c'est la confiance et la communication ("Teens who have healthy relationships with their parents are frequently open about social network sites." Boyd D., 2008, p. 256). Comme le dit Danah Michele Boyd, en faisant une fixation sur les potentiels dangers des réseaux sociaux et en incriminant la technologie, les parents ne font qu'accentuer le fossé des générations ("By focusing on imagined dangers, often at the expense of actual risks, and blaming technology, fearful adults furthered generational divisions." Boyd D., 2008, p. 243). Ceci vaut pour les relations parents/enfants, mais également pour les relations qui ont lieu sur les sites de réseaux sociaux. En effet, ces sites ont tendance à promouvoir une certaine ségrégation générationnelle (ma mauvaise traduction de "age segregation" ;-) puisque de nombreux adolescents refusent d'interagir avec des adultes en qui ils n'auraient pas confiance et qui ne respecteraient pas leur façon d'utiliser ces réseaux sociaux:

     "First, it prompted parents and schools to restrict access and increase online surveillance of teen participation. Second, it discouraged teens from interacting with any adult online, further solidifying online age segregation." (Boyd D., 2008, p. 262)

       "In all these cases, the issue is one of trust and control. Teens are willing to interact with adults with whom they have healthy relationships through social network sites when they believe these adults respect the space and the ways in which teens are engaging." (Boyd D., 2008, p. 262).

Les avantages des réseaux sociaux

A me lire, on pourrait presque croire que les réseaux sociaux n'apportent que désagréments et conflits. Que nenni! Ils peuvent au contraire être très utiles; sans compter qu'ils sont -comme on l'a déjà dit- une précieuse opportunité de "sociabilisation" pour les adolescents:

     "[...] when opportunities are made available for teens to interact with adults in a positive manner or to assert control over their environments, there is a tremendous potential for learning." (Boyd D., 2008, p. 292)

 "The most disappointing aspect of adults' efforts to assert control over networked publics is a failure to recognize the potential value of participation in these spaces and other public environments." (Boyd D., 2008, p. 291).

Heureusement, tous les adultes ne pensent pas qu'ils sont dangereux. Certains les utilisent même à bon escient. Que ce soit l'enseignant qui souhaite donner une opportunité supplémentaire à ses élèves (Vous, les utilisez-vous?), ou le pasteur qui cherche à se rapprocher des adolescents de sa communauté, à mieux les comprendre et à les conseiller au travers des média sociaux qu'ils utilisent, tous ont compris une chose primordiale: les adolescents ont besoin de se sentir respecter, où que ce soit.

      "[...] the vast majority of adult-teen interactions online are productive and healthy, opening channels of communication so that teens can enhance connections with adults they know and respect to get advice and support." (Boyd D., 2008, p. 243)

      "Teachers also find this opportunity to be quite valuable, especially when it comes to helping struggling teens, those who are too embarrassed or crunched for time to approach teachers during the day, and those who are in need of general support and validation." (Boyd D., 2008, pp. 258-259)

En guise de conclusion... Quelques règles de sécurité, quand même ;-)

Je ne sais pas si vous avez eu vent de cet article paru -il y a peu- dans le magazine Le Tigre. L'article, Marc L.*** fait le portrait d'un anonyme dont on "raconte [la] vie grâce à toutes les traces qu’il a laissées, volontairement ou non sur Internet". Ce portrait est plutôt... précis? inquiétant? percutant? drôle? En tout cas, il soulève la question du respect de la vie privée sur Internet. Pour en revenir au sujet d'aujourd'hui, je voulais donc terminer ce billet en rappelant que les risques -qu'ils soient "sur-médiatisés" ou non- liés à l'utilisation des réseaux sociaux sont bien réels. Il est donc important de rappeler quelques règles de base aux utilisateurs des réseaux sociaux. Pour ce faire, je vais reprendre (et traduire du mieux que je pourrai ;-) les règles de sécurité que Danny, un adolescent américain de 17 ans, a énoncées dans un courriel envoyé à Danah Michele Boyd (Boyd D., 2008, p. 271):

A) Only accept "Buddy Requests" from people you know personally/are bands. [...]: N'acceptez que les demandes ("d'ajout comme ami") de ceux que vous connaissez personnellement, de ceux qui font partie de votre groupe (d'amis). 

B) Don't give out personal information. (I don't have my school listed even! State and City; that's it. Don't give it when asked.) : Ne donnez jamais d'informations personnelles (et surtout pas quand un étranger vous les demande). Je n'ai même pas inscrit le nom de mon école (dans mon profil). Juste ma ville et mon état.

C) When posting a picture, ask if it shows you in a positive manner, and if it is something you would wear to go visit your grandparents/religious leader. [...]: Lorsque vous "postez" (mettez en ligne) une photo de vous, assurez-vous qu'elle vous représente de façon positive et dans une tenue que vous porteriez pour aller chez vos grands-parents ou chez votre pasteur/prêtre. (J'aime beaucoup celle-là :)

D) Keep your parents involved. If you hide things from them, they will find out, and you will get in trouble. Be open with them -most of the time, they are cool about stuff like this.: Ne cachez rien à vos parents; ils finiront par le savoir. Communiquez avec eux. La plupart du temps, ils seront d'accord avec ce que vous faites (sur les réseaux sociaux).

A bon entendeur, salut! :)

PS: Je vous promets d'essayer de garder tout cela en mémoire lorsque mes bouts de chou seront grands ;-) En tout cas, en tant que prof, cette thèse m'aide à encore mieux comprendre mes chers élèves. Une lecture que je recommande à tout le monde éducatif...


* BOYD D-M. (2008). Taken out of context. American teen sociality in networks publics. PhD dissertation. Berkeley University.

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02 février 2009

Thèse: les adolescents et les réseaux sociaux, de Danah Michele Boyd, première partie.

Depuis que je suis prof (plus de 10 ans, déjà?) j'ai toujours eu à cœur de comprendre mes élèves; surtout les ados, plus difficile à cerner. C'est sans doute pour cela que j'aime tant enseigner au secondaire. C'est un public, il me semble, beaucoup plus exigeant et d'une certaine manière beaucoup plus difficile, mais tellement fascinant et attachant.

Même si leur musique n'est pas -toujours- celle que je préfère, j'essaie de l'écouter régulièrement, d'en comprendre le sens, d'en apprendre le rythme, d'en noter les évolutions. D'ailleurs, il me semble que ces derniers temps, leurs chansons sont plus.... comment dirais-je?.... Il me semble que leurs chansons ont un message plus intéressant, plus mûr (et oui, les adultes en reviennent toujours à ça ;-) Ou bien, c'est moi qui ai changé, évolué...? Allez savoir.

En plus de leur musique, je m'intéresse à leurs habitudes technologiques (déformation professionnelle oblige ;-): en gros, ce qu'ils font (comment et pourquoi?) sur Internet. J'en viens donc au sujet d'aujourd'hui: les réseaux sociaux. Je vous en avais déjà parlé dans un autre billet; mais aujourd'hui c'est d'une thèse dont je voudrais vous parler. La thèse de Danah Michele Boyd, intitulée Taken out of context: American teen sociality in networked publics, qui traite justement des adolescents et des réseaux sociaux* comme MySpace et Facebook.

Qui n'a jamais entendu parler de l'un de ces deux sites? Je n'ai personnellement pas rencontré un seul adolescent qui ne connaisse pas Facebook. D'ailleurs, comme nous le rappelle Danah Michele Boyd (p.105), une étude de Forrester Research** a démontré que "80% des adolescents qui ont entre 12 et 17 ans et qui utilisent Internet utilisent des sites de réseaux sociaux"***.

Cette thèse, de plus de 400 pages, que vous pouvez lire gratuitement sur Internet (merci à son auteure) n'a pas l'opacité de certains travaux de recherche dont la lecture reste réservée aux seuls initiés. Au contraire, le travail de Danah Michele Boyd se lit sans aucune difficulté et peut, à mon sens, être parfaitement compris par tout le monde (enseignants, étudiants, parents, décideurs, responsables pédagogiques, etc.) y compris par ceux qui sont les personnages centraux de cette recherche: les adolescents. C'est donc le résultat d'une recherche ethnographique captivante de 2 ans et demi sur la façon dont les adolescents américains (mais on pourrait sans doute étendre ses résultats aux adolescents de n'importe quel pays dit "industrialisé") utilisent des outils comme MySpace et Facebook que nous livre la chercheuse, dans un style simple mais efficace, qui, tout en tenant compte des normes stylistiques propres à de tels travaux, sait nous tenir en haleine.

A quoi donc tient la popularité de sites comme MySpace et Facebook? Pourquoi les adolescents y passent tellement de temps? Pour socialiser bien-sûr. Ils y retrouvent en effet leurs amis de tous les jours (c'est d'ailleurs parce que leurs amis utilisent tel ou tel outil que eux aussi l'utilisent [p.108]), et ne semblent pas (contrairement à la croyance populaire) utiliser ces sites pour entrer en contact avec des inconnus (p.3). Mais pourquoi un tel engouement? Qu'est-ce que les réseaux sociaux apportent de plus, de différent d'autres média sociaux**** comme le téléphone portable par exemple, lui aussi chouchou des adolescents? Quelle est l'influence de ces sites sur la vie des adolescents (sur la construction de leur identité/d'un soi [self and identity; p.4; p.89] et les relations qu'ils entretiennent avec les autres (avec leurs pairs [peer sociality; p. 4; p.89] et avec leurs parents et les adultes en général [parents and adults; p.4; p.89])? Autant de questions qui trouvent des réponses passionnantes dans la thèse de Danah Michele Boyd; réponses que je vous détaillerai dans mon prochain billet.


* Page 94, voici la définition que la chercheuse (en collaboration avec Nicole Ellison, une autre chercheuse) donne des réseaux sociaux: "social network sites" [are] "web-based services that allow individuals to (1) construct a public or semi-public profile within a bounded system, (2) articulate a list of other users with whom they share a connection, and (3) view and traverse their list of connections and those made by others within the system" (Boyd & Ellison, 2007, Social Network Sites: Definition, History, and Scholarship. Dans Journal of Computer-Mediated Communication (Vol.13, No.1). [En ligne] http://jcmc.indiana.edu/vol13/issue1/boyd.ellison.html (consulté le 18 janvier 2009).

** LI C. (2008). Youth and Social Networks. Dans North American Social Technographics Online Survey, Q2 2007; North American Technographics Retail and Marketing Online Youth survey, Q4 2007. Cambridge, M.A: Forrester Research.

*** Ma traduction libre.

**** Au sujet des media sociaux, Danah Michele Boyd précise (p.92): "Social media encompasses groupware, online communities, peer-to-peer and media-sharing technologies, and networked gaming [comme ce qu'on appelle les MMORPG pour Massively Multiplayer Online Role-Playing game]. Instant messaging, blogging, microblogging [comme Twitter dont je vous ai déjà parlé], forums, email, virtual worlds [comme Second Life], texting, and social network sites are all genres of social media".


29 janvier 2009

La nouvelle "bible" des TICE: International handbook of Information technology in primary and secondary education

Même s'il est vrai que le domaine des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation [TICE]  a donné lieu à de nombreuses publications, ce n'est pas tous les jours qu'un ouvrage de plus de 1200 pages (20 pages rien que pour la table des matières!), qui rassemble les contributions de plus de 120 chercheurs, se penche sur les TICE, et plus précisément sur les TICE dans l'éducation primaire et secondaire.

Ce livre, International Handbook of Information Technology in Primary and Secondary Education de VOOGT J.M. & KNEZEK G.A. (2008). Publié par Springer (1200 pages), qui n'est que le premier (de 2) volume(s), collige les recherches et réflexions de plus de 120 spécialistes internationaux* de l'éducation en tentant de répondre à deux questions majeures:

  • Quel est l'apport des TICE à l'enseignement primaire et secondaire?
  • Comment soutenir l'intégration des TICE au primaire et au secondaire?

* Afrique du Sud, Australie, Bulgarie, Canada, Chili, Égypte, États-Unis (une grande majorité), Finlande, Hong Kong, Italie, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Singapour, Tanzanie (et d'autres que je n'aurais pas relevés). -et personne de France???!!!!!-

C'est au travers de 11 sections (voir ci-dessous) que les auteurs vont s'efforcer de répondre à ces questions.

  1. Education in the information society (Editeur: Ron Anderson, Etats-Unis);
  2. IT and curriculum processes (Editeur: Joke Voogt, Pays-Bas);
  3. IT and the learning process (Editeur: Kwok Wing Lai, Nouvelle-Zélande);
  4. IT competencies and attitudes (Editeurs: Gerald Knezek & Rhonda Christensen, Etats-Unis);
  5. IT, Pedagogical innovations and teacher learning (Editeur: Nancy Law, Hong Kong);
  6. IT in schools (Editeur: Sara Dexter, Etats-Unis);
  7. IT and distance learning in K-12 education (Editeurs: Roumen Nikolov & Iliana Nikolova, Bulgarie);
  8. IT and the digital divide (Editeurs: Thérèse Laferrière, Canada & Paul Resta, Etats-Unis);
  9. Emerging technologies for education (Editeurs: Cathy Norris & Elliott Soloway, Etats-Unis);
  10. Researching IT in Education (Editeur: Margaret Cox, Royaume-Uni);
  11. International and regional programs and policies (Editeur: Jef Moonen, Pays-Bas).

Dans un prochain billet, je vous parlerai de ce que j'ai lu (sur Internet) de la première section.

Handbook_of_IT_TM1

Handbook_of_IT_TM2

Je ne sais pas si un jour je lirai le livre au complet; non pas que 1200 pages me fassent peur, c'est plutôt le prix du livre qui m'effraie (plus de 450 euros et CDN$ 600!!!). Je ne sais même pas si une bibliothèque universitaire pourrait se permettre une telle dépense. Enfin. Je croise les doigts.





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