28 mai 2009
Blogues de profs: être ou ne pas être anonyme?
Je vous parlais au début du mois (5 mai 2009) des profs blogueurs en me demandant où ils étaient. Je finissais mon billet en faisant allusion à l'anonymat de certains enseignants blogueurs. Pour des raisons pratico-pratiques, l'anonymat me dérange. C'est purement égoïste puisque cela me dérange dans mes recherches. En effet, il est bien difficile de faire une thèse sur les blogues de profs de langues (au Québec et au secondaire en plus!) sans connaître précisément le profil des blogueurs: quelles matières enseignent-ils? A quel niveau? Dans quel endroit du monde? Des questions souvent laissées sans réponse malgré ma lecture assidue de tous les billets du blogue. Et oui. Certains profs tiennent à leur anonymat. Impossible de trouver la moindre petite information qui nous permettrait de retracer leur parcours (chez moi, c'est facile, mon parcours est écrit noir sur blanc [enfin, plutôt noir sur vert ;-)]) et nous ferait dire "Ah mais c'est machin chose de l'école trucnuche!". D'un autre côté, je les comprends. C'est un peu comme d'avoir des collègues dans sa liste d'amis sur Facebook. Je le disais encore à ma belle-soeur il y a deux jours: ne jamais avoir de collègues de boulot dans sa liste d'amis! A éviter absolument. Sinon, on prend le risque de voir chaque information, chaque message, chaque photo, etc. faire rapidement le tour du bureau (et donc, arriver aux yeux et oreilles des collègues qui ne sont pas sur notre liste; je ne vous parle pas des "guerres de clans" alors!). Et bien, pour certains profs blogueurs, ça doit être pareil. Ils ne veulent pas que tout ce qu'ils publient sur leur blogue fasse le tour de leur école. Que ça fasse le tour du monde oui! mais pas le tour de leur école; un milieu beaucoup plus/trop... dangereux, pernicieux (?). Ils ont raison. Certains collègues ne nous veulent pas toujours que du bien; certains administrateurs non plus. Pourtant... Je ne crois pas qu'un blogue d'enseignant devrait servir à "casser du sucre sur le dos des autres". Comme je le disais le 5 mai: si les choses sont bien dites, que nos propos ne sont pas haineux et n'ont pas pour but de blesser, on peut tout dire et on ne devrait pas avoir à se cacher pour le faire. Bon. Encore faut-il que tout le monde pense comme moi ;-)
Et dire qu'avec tout ça j'en oublie complètement pourquoi je suis là à vous parler de ça. C'est de la faute de Mario :) qui a posté un billet très intéressant (un vrai récidiviste!). Allez-y voir (comme on dit)! Et puis, tiens, pendant que vous y êtes, allez aussi lire le billet de Renart L'éveillé sur le sujet (n'oubliez pas de lire les commentaires). Et puis, puisque j'y suis, autant vous dire qu'on en parle aussi chez Le professeur masqué et chez Sifi (La face cachée des profs).
Mon commentaire laissé sur le site de Mario:
C'est drôle. Je parlais justement de cela sur mon blogue le 5 mai...
Maintenant, je me demande:
N'est-ce pas plus facile pour un blogueur connu et reconnu d'assumer son identité? Autrement dit, plus un blogue reçoit de visites et de commentaires et plus large sera la vitrine des -éventuelles- représailles; ce qui met un peu le blogueur à l'abri des conséquences.
Personnellement, je trouve dommage que l'on soit "obligé" de choisir l'anonymat. Même si je ne donne ni mon nom ni mon prénom ni toute autre information personnelle, je pense assumer parfaitement mon identité (on voit d'ailleurs ma photo en première page de mon blogue). C'est important pour moi car je ne saurais promouvoir la collaboration et la coopération en éducation à visage caché. Pourtant, je comprends les blogueurs anonymes. Je me rappelle encore de l'émoi suscité par l'appel d'offre lancé en novembre dernier par le ministère français de l'éducation nationale pour une "veille de l'opinion" (pour "surveiller la blogosphère éducative"???) et des blâmes reçus par certains enseignants blogueurs? (on peut relire à ce sujet ce billet [un peu vieux mais malheureusement toujours d'actualité]). En tout cas, merci Mario. J'attends avec impatience la version complète en ligne.
03 mai 2009
J'écris donc je suis, ou pourquoi bloguer?
J'ai toujours aimé écrire. Peut-être est-ce pour cela que j'ai décidé de créer des blogues. Pourtant, aucun de mes blogues ne me sert réellement à assouvir cette passion. J'aurais pu avoir un blogue de poésie (que j'adore écrire), un blogue de style plus journalistique, un blogue d'écriture romanesque, un blogue-journal-intime, un blogue philosophique, etc. Mais non. J'ai choisi d'avoir un blogue plus informatif, et moins affectif.
L'affectif tient pourtant une part très importante dans les blogues.; même les blogues à vocation pratique (comme les blogues de cuisine) et même les blogues de profs; surtout les blogues de profs devrais-je dire; car notre métier, peut-être plus que beaucoup d'autres, met souvent notre "affectif" (dans le sens psychologique du terme) à rude épreuve.
En ce qui me concerne, je ne blogue pas lorsque je suis déprimée, ou que j'ai eu une mauvaise journée, etc. C'est comme si je cherchais à occulter toute dimension affective dans mon blogue. C'est drôle parce qu'avec la poésie, il en va tout autrement: j'ai écrit mes plus beaux poèmes dans des moments -affectivement- très difficiles (tient, d'ailleurs, il y a vraiment longtemps que je n'ai pas écrit de poèmes... c'est bon signe ça?! ;-)).
Quand je parcoure la blogosphère, et notamment la blogosphère éducative, je me rends compte que la dimension affective est toujours très présente. Il me semble que parfois mes collègues essaient de se soulager, de trouver du réconfort, d'extérioriser certaines émotions, certains sentiments à travers l'écriture de leurs billets. Et c'est là, pour moi, que les blogues prennent tout leur sens: dans la dimension collaborative, coopérative, expressive. Cela me rappelle le billet que Pépina avait publié en janvier 2007 pour annoncer sa décision de démissionner de l'éducation nationale (française). Lorsque je l'ai lu (le lendemain de sa publication), quatre personnes l'avaient commenté en souhaitant bonne chance à Pépina, en la soutenant, en la félicitant, etc. J'avais été très émue; autant par le message que par les commentaires. En deux ans, ce billet posté par Pépina a reçu 147 commentaires!, tous plus ou moins de la même veine. Je ne pense pas que Pépina s'attendait à autant de réactions. Je ne connais pas ses motivations pour avoir écrit ce billet (outre le fait qu'elle voulait "rendre service à ceux qui veulent démissionner et qui ne trouvent pas les infos nécessaires"), mais je me demande si elle aurait pu toucher autant de monde à travers un autre média. Et c'est là, il me semble, toute la beauté des blogues: cette possibilité que l'on a d'interagir, de se confier, de réagir, de collaborer, de soutenir, d'encourager, etc. Et ceci, en quelques -simples- cliques.
