TIC@le: TIC, langues et formation des enseignant(e)s

Blogue d'une prof de français (langue seconde et étrangère) passionnée par les TIC(E), les langues et la formation (continue) des enseignant(e)s. De nombreuses activités pour le FLE, le FLS et autres langues secondes et étrangères. Plein de liens pour l'en

28 octobre 2007

Être prof de FLE au Québec: paperasse.

superteacher_colorPour être prof au Québec, dans le primaire et le secondaire, il vous faudra un permis d'enseigner délivré par le MELS (Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport).

Ce permis ne vous sera délivré qu'à certaines conditions. Il faut premièrement que vos diplômes soient reconnus comme équivalents. Il vous faudra donc faire une Évaluation des études effectuées hors du Québec (renseignements ici). Il se peut également que vous ayez à suivre un cours sur le Système scolaire québécois. Enfin, une fois votre permis d'enseigner obtenu, sachez qu'il ne dure que 5 ans, pendant lesquels vous serez évalué. Si votre évaluation est positive, vous pourrez alors obtenir votre Brevet (ou Autorisation) d'enseignement (d'enseigner) (renseignement ici) qui lui, est permanent. Vous devenez ainsi titulaire du MELS.


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06 juillet 2007

Prof de FLE au Québec, c'est accepter de...

profÊtre prof de FLE (en fait, plutôt de FLS) au Québec c'est accepter de ... ne pas être que ça. Je m'explique...
Il y a au Québec, une pénurie importante d'enseignants; et ce, pour plusieurs raisons selon moi:


- la retraite des "baby-boomers": dans les prochaines années, ils seront environ 10 000 à prendre leur retraite. Ce phénomène s'est déjà amorcé et de nombreuses écoles recherchent actuellement (presque) désespérément des enseignants;

Photo Marc Robitaille. Source.

- il n'y a pas assez de nouveaux diplômés dans les disciplines les plus touchées par la pénurie (que sont les sciences, l'anglais langue seconde, les mathématiques et le français langue maternelle);
- il n'y a pas assez d'étudiants dans les filières d'enseignement. Il faut savoir que pour enseigner au Québec (lorsqu'on est québécois -je reviendrai plus tard sur les modalités particulières liées aux immigrants-), un étudiant doit compléter un baccalauréat (plus ou moins l'équivalent de notre ancienne licence en France) en sciences de l'éducation d'une durée de 4 ans (les conditions ont néanmoins été assouplies en raison de la pénurie, et un étudiant diplômé en biologie peut prétendre à un poste d'enseignant dans son domaine d'expertise à condition de compléter une formation en pédagogie à l'intérieur d'un délai de sept ans)
- 1 étudiant sur 2 au cycle supérieur abandonne ses études pour des raisons financières.

Les résultats sont... dirons-nous, assez dramatiques. Citons par exemple le fait que :

- certains élèves se retrouvent pendant des semaines sans aucun cours de maths, de sciences ou autres, à cause du manque de profs dans le domaine;
- les commissions scolaires (au Québec, les écoles sont regroupées en commissions scolaires[1]) sont obligées d'embaucher un nombre impressionnant de professeurs remplaçants qui souvent, ne sont pas qualifiés pour enseigner;
on demande aux enseignants en place d'enseigner d'autres matières que leur(s) spécialité(s).

Et voilà! C'est lâché. J'y aurai mis le temps mais c'est dit! Voilà donc où je voulais en venir.

Être prof de FLE au Québec
c'est accepter d'enseigner d'autres matières!

Donc, moi qui vous parle, j'ai été promue (disons-le comme ça; ça passe mieux ;-) au rang de prof de FLS, d'histoire et de géographie! Pourquoi ces deux matières me direz-vous? Et bien parce que je travaille dans une école anglophone et que ces cours sont donnés en français aux élèves d'immersion (je reviendrai sur ce sujet -de l'immersion- dans un autre billet). Alors voilà. C'est aux profs de français de s'y coller; car on sait bien qu'il suffit de parler français pour enseigner l'histoire et la géo en français! Ahahah.... :)
Bon allez. Je ne me plains pas: j'adore le programme de géo et même celui d'histoire (un peu moins quand même, mais mon mari est historien alors ça devrait aider :).

Et vous, vous est-il déjà arrivé d'enseigner autre chose que le FLE/FLS?


[1]Les commissions scolaires linguistiques (et non plus confessionnelles), créées en 1998 (à la suite de la loi 180) et au nombre de 72 ( 60 francophones, 9 anglophones et 3 pour les autochtones), sont des structures intermédiaires entre le ministère de l’Éducation et les écoles.


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21 juin 2007

Prof au Québec

Voilà, comme j'ai souvent des questions sur ma situation de prof au Québec, je me suis dit que j'allais vous faire partager mon expérience de prof immigrée au Québec.
Pour aujourd'hui, ce sera juste ma "petite routine journalière à l'école". Plus tard, je vous parlerai sans doute de ce qu'il m'a fallu faire pour être prof "en règle" au Québec.


BulldogJe vous rappelle le décor...

Je suis enseignante de FLS (français langue seconde) et de ELE (espagnol langue étrangère) depuis trois ans dans une école secondaire anglophone de la région de Montréal.

Mascote de mon école.


Ma "petite routine journalière".

La journée officielle commence à 9h15, heure du premier cours. Ce premier cours inclut ce que l'on appelle "homeroom" (ou classe d'accueil). Pendant cette période dédiée à la classe d'accueil, nous faisons l'appel, distribuons les éventuels courriers de l'école et surtout, nous nous tenons au courant des actualités de l'école en regardant les nouvelles du matin, présentées par 2 élèves de 10ème ou 11 année*. Cette période dure environ 15 minutes; j'en profite pour finaliser ma préparation de cours.

Après cette période de "classe d'accueil" le premier cours commence. Il dure 50 minutes, comme tous les autres cours de la journée. Je commence toujours ma journée avec la même classe et donc, les mêmes élèves.

Entre chaque cours, les élèves ont 4 minutes pour se rendre à leur prochain cours. Généralement, les profs ne changent pas de classe. Ce sont les élèves qui se déplacent. Une cloche (au son désagréable) annonce la fin et le début de chaque cours.

Les élèves ont 6 cours pas jour (4 le matin et 2 l'après-midi), avec deux pauses dans la journée: une le matin entre 11h15 et 11h30 et une pour manger le midi, entre 13h09 et 14h01. Le dernier cours termine à 15h45.

Si les élèves ont 6 cours, nous, nous n'en avons que 4. La journée, qui est découpée en 6 périodes (sans inclure la pause du midi) nous laisse donc (théoriquement) le temps de corriger, de préparer, de rencontrer les élèves pour du soutien ou autre, de remplir des papiers, de vérifier notre courriel, de surveiller des retenues, etc.

La semaine est découpée en 6 parties (jour 1, jour 2, jour 3, etc...) qui ne correspondent pas aux jours de la semaine à proprement parler (le jour 1 peut être un lundi, comme un jeudi). C'est une façon d'alterner les cours. Par exemple, si le jour 1, j'ai cours d'espagnol en 2ème période, le jour suivant (le jour 2) j'aurais cours d'espagnol en 3ème période. Seule la première période ne change pas.

L'année dernière, je donnais mes 4 cours d'affilée ce qui me permettait de terminer ma journée à 13h09. Il faut être cependant sacrément bien organisée et en forme pour faire ça ;-)

Voilà pour mon horaire classique. Il en va de même dans de très nombreuses écoles au Québec. Et chez vous, ça se passe comment?


* l'école secondaire au Québec commence en 7ème année [les élèves ont généralement 12 ou 13 ans] et se poursuit jusqu'à la 11ème année [les élèves ont généralement 16 ou 17 ans].


 

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