TIC@le: TIC, langues et formation des enseignant(e)s

Blogue d'une prof de français (langue seconde et étrangère) passionnée par les TIC(E), les langues et la formation (continue) des enseignant(e)s. De nombreuses activités pour le FLE, le FLS et autres langues secondes et étrangères. Plein de liens pour l'en

28 mai 2009

Blogues de profs: être ou ne pas être anonyme?

blog1Je vous parlais au début du mois (5 mai 2009) des profs blogueurs en me demandant où ils étaient. Je finissais mon billet en faisant allusion à l'anonymat de certains enseignants blogueurs. Pour des raisons pratico-pratiques, l'anonymat me dérange. C'est purement égoïste puisque cela me dérange dans mes recherches. En effet, il est bien difficile de faire une thèse sur les blogues de profs de langues (au Québec et au secondaire en plus!) sans connaître précisément le profil des blogueurs: quelles matières enseignent-ils? A quel niveau? Dans quel endroit du monde? Des questions souvent laissées sans réponse malgré ma lecture assidue de tous les billets du blogue. Et oui. Certains profs tiennent à leur anonymat. Impossible de trouver la moindre petite information qui nous permettrait de retracer leur parcours (chez moi, c'est facile, mon parcours est écrit noir sur blanc [enfin, plutôt noir sur vert ;-)]) et nous ferait dire "Ah mais c'est machin chose de l'école trucnuche!". D'un autre côté, je les comprends. C'est un peu comme d'avoir des collègues dans sa liste d'amis sur Facebook. Je le disais encore à ma belle-soeur il y a deux jours: ne jamais avoir de collègues de boulot dans sa liste d'amis! A éviter absolument. Sinon, on prend le risque de voir chaque information, chaque message, chaque photo, etc. faire rapidement le tour du bureau (et donc, arriver aux yeux et oreilles des collègues qui ne sont pas sur notre liste; je ne vous parle pas des "guerres de clans" alors!). Et bien, pour certains profs blogueurs, ça doit être pareil. Ils ne veulent pas que tout ce qu'ils publient sur leur blogue fasse le tour de leur école. Que ça fasse le tour du monde oui! mais pas le tour de leur école; un milieu beaucoup plus/trop... dangereux, pernicieux (?). Ils ont raison. Certains collègues ne nous veulent pas toujours que du bien; certains administrateurs non plus. Pourtant... Je ne crois pas qu'un blogue d'enseignant devrait servir à "casser du sucre sur le dos des autres". Comme je le disais le 5 mai: si les choses sont bien dites, que nos propos ne sont pas haineux et n'ont pas pour but de blesser, on peut tout dire et on ne devrait pas avoir à se cacher pour le faire. Bon. Encore faut-il que tout le monde pense comme moi ;-)

Et dire qu'avec tout ça j'en oublie complètement pourquoi je suis là à vous parler de ça. C'est de la faute de Mario :) qui a posté un billet très intéressant (un vrai récidiviste!). Allez-y voir (comme on dit)! Et puis, tiens, pendant que vous y êtes, allez aussi lire le billet de Renart L'éveillé sur le sujet (n'oubliez pas de lire les commentaires). Et puis, puisque j'y suis, autant vous dire qu'on en parle aussi chez Le professeur masqué et chez Sifi (La face cachée des profs).


Mon commentaire laissé sur le site de Mario:

C'est drôle. Je parlais justement de cela sur mon blogue le 5 mai...
Maintenant, je me demande:
N'est-ce pas plus facile pour un blogueur connu et reconnu d'assumer son identité? Autrement dit, plus un blogue reçoit de visites et de commentaires et plus large sera la vitrine des -éventuelles- représailles; ce qui met un peu le blogueur à l'abri des conséquences.
Personnellement, je trouve dommage que l'on soit "obligé" de choisir l'anonymat. Même si je ne donne ni mon nom ni mon prénom ni toute autre information personnelle, je pense assumer parfaitement mon identité (on voit d'ailleurs ma photo en première page de mon blogue). C'est important pour moi car je ne saurais promouvoir la collaboration et la coopération en éducation à visage caché. Pourtant, je comprends les blogueurs anonymes. Je me rappelle encore de l'émoi suscité par l'appel d'offre lancé en novembre dernier par le ministère français de l'éducation nationale pour une "veille de l'opinion" (pour "surveiller la blogosphère éducative"???) et des blâmes reçus par certains enseignants blogueurs? (on peut relire à ce sujet ce billet [un peu vieux mais malheureusement toujours d'actualité]). En tout cas, merci Mario. J'attends avec impatience la version complète en ligne.


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27 mai 2009

Multi/plurilinguisme: le site Book2

J'adore les langues et j'ai toujours voulu en apprendre plein (peut-être est-ce pour cela que je suis devenue professeur de langues ;-). Je n'ai réussi à en "apprendre" que très peu (l'anglais, l'espagnol, l'allemand, le japonais, l'arabe, l'italien et le portugais); bien entendu, je suis loin de toutes les maîtriser. Je ne me souviens même plus du vocabulaire de base en japonais ou en arabe ; la honte!

book2

C'est pourquoi, j'ai été ravie de découvrir Book 2. On peut y trouver le vocabulaire de base de plus de 40 langues (entre autres, celles que j'ai étudiées plus le chinois, le russe, le hollandais, le turc, le danois, le roumain, etc.). Ce vocabulaire est traduit dans la langue choisie (chinois-français, ou chinois-anglais, etc.) et assorti de fichiers MP3 qui permettent d'écouter la prononciation de chaque mot. Vraiment très bien fait. D'ailleurs, je pense l'utiliser dans mon prochain cours sur le plurilinguisme.


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25 mai 2009

Compétences d'un conseiller pédagogique TIC(E)

humour_TICEComment parler d'intégration/utilisation* des TIC(E) et de formation des enseignants aux TIC(E) sans parler de ces emplois qui ont "fleuri" ces dernières années: les conseillers pédagogiques TIC(E)?

Quel est leur rôle? Quelles sont (ou devraient être ;-)) leurs compétences? Comment aident-ils les enseignants? Comment favorisent-ils une bonne intégration/utilisation des TIC(E)? Voici ce que j'en pense.

Tout d'abord, le conseiller pédagogique TIC(E) [que je vais abréger CP-TIC(E) pour faire originale ;-)] ne doit pas oublier son rôle premier: favoriser le meilleur apprentissage possible des élèves en soutenant, en aidant, en assistant , en conseillant les enseignants dans leur recherche et mise en œuvre de l'enseignement le mieux adapté. Ceci étant dit, est-il bien nécessaire de rappeler que les TIC(E) ne sont qu'un outil et pas un but en soi (« l’instrument n’est pas porteur d’épistémologie en se », Karsenti & Larose, 2001, p. 59)...? Un bon enseignant n’a pas nécessairement besoin d’un ordinateur pour bien enseigner [Allez, je ne peux pas résister à l'envie de placer ici l'une des mes citations préférées: « Just remember : in most cases, effective teaching with technology is effective teaching by any means » (Grabe & Grabe, 1996)].

  • Aider à l'intégration harmonieuse des TIC(E) dans les stratégies d'apprentissage et d'enseignement

Il s'agit là de la grande différence entre le conseiller pédagogique "simple" [j'insiste sur les guillemets, puisque rien n'est simple en pédagogie] et le conseiller pédagogique TIC(E).

Pour que ce premier objectif soit un succès, le CP-TIC(E) doit avant toute chose être à l'écoute des enseignants, de leurs besoins, de leurs attentes, de leurs questions; tout comme un enseignant doit être à l'écoute de ses élèves. Sans une bonne communication (la base de tout! [je radote; je sais]) le CP-TIC(E) n'obtiendra pas les résultats escomptés; autrement dit: une intégration/utilisation réussie des TIC(E). Le CP-TIC(E) ne devra par exemple pas se poser en pourfendeur ou défenseur de telle ou telle théorie de l'apprentissage ("le béhaviorisme, c'est mal; le constructivisme, c'est bien!"). Chaque élève a sa façon d'apprendre; chaque enseignant, sa façon d'enseigner. S'il est vrai que certaines théories fonctionnent mieux avec certains publics ou dans certaines situations d'apprentissage, il ne faut imposer de théorie à personne. Sensibiliser, oui. Imposer, non.

  • Assurer une veille technologique et pédagogique

Dans le domaine des TIC(E), tout va très vite. Ce qui était nouveau hier est déjà dépassé aujourd'hui. "Pire encore": nous préparons nos élèves à certains métiers qui n'existent pas encore! Il faut donc constamment se tenir au courant des dernières avancées technologiques et pédagogiques. Bien entendu, seul l'esprit critique du CP-TIC(E) pourra lui permettre de faire le tri dans tout cela et de savoir ce qu'il doit/peut soumettre aux enseignants.

  • Informer les enseignants sur les possibles applications pédagogiques des TIC(E)

Cette information peut prendre plusieurs formes; la plus courante étant celle des ateliers (activités d'animation et de perfectionnement). Les recherches sur la formation aux TIC(E) des enseignants ont néanmoins montré que ces ateliers ne fonctionnent pas très bien** [Je confirme!].Beaucoup  de raisons ont été avancées pour expliquer ces échecs; entre autres que ce qui était appris lors de ces ateliers était difficilement applicable en classe (soit parce que inadapté aux situations d'enseignement, soit parce que les logiciels utilisés ne sont pas disponibles dans les écoles, etc.), mais également que certains intervenants étaient plus des techniciens que des pédagogues et n'arrivaient donc pas forcément à faire passer leur message. Deux choses donc sont primordiales si on tient à faire ce genre d'atelier TIC(E): 1- que l'intervenant soit un enseignant et un spécialiste des TIC(E). 2- que les ateliers se fassent par matière et par niveau (par exemple: un atelier spécifique pour les apprenants de FLS en 4ème et 5ème secondaire). Un autre facteur me semble également important: le suivi (trop souvent, les ateliers ne proposent aucun suivi). Il est évident que le CP-TIC(E) ne peut gérer le suivi de tous les enseignants participants (c'est dommage, mais c'est comme ça); d'où l'importance de déléguer... aux personnes ressources dans les écoles par exemple. [C'est un autre sujet; même si cela entre dans mon point suivant]

  • Promouvoir les TIC(E)

L'un des rôles du CP-TIC(E) est de favoriser l'émergence de projets pédagogiques intégrants/utilisants les TIC(E). Il peut lui-même en suggérer, ou bien alors assister, aider, soutenir des enseignants porteurs de projets. Dans tous les cas, le CP-TIC(E) devra assurer le suivi du/des projet/s. La promotion des TIC(E) peut également se faire grâce aux personnes ressources directement présentes dans les écoles. Ces personnes ressources (généralement des enseignants passionnés par les TIC(E)) pourront alors se faire le relai entre les CP-TIC(E) et les autres enseignants.

Bon, puisqu'il est de notoriété publique que je radote, je terminerai en insistant sur la COLLABORATION. Trop souvent, les liens entre CP-TIC(E) et enseignants sont à sens unique. Il est important qu'il n'en soit pas ainsi. Certes, le CP-TIC(E) est là pour épauler, assister (etc.) les enseignants, mais il doit également être prêt à apprendre des enseignants sans se poser en expert indétrônable.


* Débat en cours... J'y reviendrai.

** Pour l'instant, une seule référence me vient à l'esprit, là, comme ça ;-): Policy unplugged. Dis/Connections between technology policy and practices in Canadian schools. De Jennifer Jenson, Chloë Brushwood & Brian Lewis (2007. McGill-Queen's University Press).


24 mai 2009

Quand ce sont les enseignants qui décrochent...

enseignantLeChatDans le journal québécois Le Devoir [qui est un très bon quotidien, soit dit en passant] de la semaine dernière, je suis tombée sur un article intéressant "Quand le décrocheur, c'est le professeur...". Le titre est assez évocateur...

Cela m'a rappelé l'enquête de Karsenti T., Collin S., Villeneuve S., Dumouchel G. et Roy N. (2008). Pourquoi les nouveaux enseignants d’immersion ou de français langue seconde quittent-ils la profession? Résultats d’une enquête pancanadienne*. Ottawa, ON: Association canadienne des professeurs d’immersion.

Au Québec [je ne sais pas pour la France] on parle beaucoup de décrochage scolaire. C'est un thème récurrent en éducation, mais on ne parle que du décrochage des élèves. Malheureusement, en éducation, les élèves ne sont pas les seuls à "décrocher"; les profs aussi. Les jeunes [pas forcément par l'âge] profs devrais-je dire, puisque les statistiques canadiennes  précisent que environ 1 enseignant débutant sur 4 abandonne la profession dans les 5 premières années. Cette situation, loin d'être spécifique au Canada, est au contraire internationale. L'étude de Karsenti & al. précise ainsi qu'

      Aux États-Unis, Ingersoll (2002) note que le taux de décrochage enseignant est plus élevé que dans bien d’autres professions: 46 % des nouveaux enseignants délaisseraient l’école au cours des cinq premières années de pratique. L’étude comparative de Stoel et Thant (2002) de huit pays industrialisés montre qu’au Royaume-Uni, 40 % des enseignants débutants abandonnent la profession durant leurs trois premières années de pratique (Dolton et Van der Klaauw, en 1995, obtenaient près de 44 %) alors que l’Australie connaît 18 % de décrochage pour les femmes âgées de 25 à 29 ans, les données pour les hommes étant indisponibles (Stoel et Thant, 2002). Karsenti & al., 2008, p. 12 du rapport final

Il est intéressant de remarquer que la France, l’Allemagne ou le Portugal ont un "taux d’attrition inférieur à 5 %"(Karsenti & al., 2008, p. 12 du rapport final). Connaissant le système français, cela ne m'étonne pas. On ne quitte pas l'EN comme ça! [Allez demander à Pépina!]. Ce qui m'étonne par contre, ce sont les hypothèses avancées par Stoel et Thant (2002); non pas celle qui parle de "la centralisation du système éducatif", mais plutôt celles qui parlent "des programmes d’enseignement, [de] la non mise en cause des enseignants en cas d’échec des élèves et [d']une évaluation davantage formative que sommative du corps enseignant." Je ne vais pas élaborer aujourd'hui [il y aurait beaucoup trop à dire]; je crois néanmoins que les programmes d'enseignement ne sont pas meilleurs ou plus adaptés en France, que les enseignants français sont également parfois mis en cause en cas d'échec des élèves et que l'évaluation des enseignants français est loin d'être plus formative que sommative! [J'attends les commentaires des collègues français avec impatience]

Alors, pourquoi est-ce que les enseignants "décrochent"? Bien-sûr, on pense tous aux élèves difficiles. S'il est vrai que la -parfois très difficile- gestion de classe est l'un des motifs d'abandon, ce n'est pas le seul. Dans les deux écrits, les auteurs rappellent que le manque de soutien des collègues et de l'administration est souvent cité comme un facteur aggravant le décrochage/l'abandon chez les enseignants. Dans l'enquête de Karsenti & al. le manque de soutien des collègues et de l'administration serait même plus important que le manque de soutien des parents (d'élèves), autre facteur cité dans les deux écrits. Je dois avouer que j'ai moi-même pu constater le manque de collaboration/coopération dans les différentes écoles françaises (de France) et les écoles québécoises. Bien entendu, je ne peux pas généraliser puisque dans chaque école j'ai pu également constater que certains collègues étaient toujours prêts à aider, à collaborer, à coopérer. Par contre, je ne pourrai pas en dire autant des administrations...

Tout ça pour dire (et je le répète!) que la COLLABORATION et la COOPÉRATION sont deux valeurs extrêmement importantes et encore plus dans notre milieu. L'enquête de Karsenti & al. conclue d'ailleurs sur l'importance du mentorat. Je crois que les profs ont une nette tendance à l'individualisme. Et bien moi je dis que EDUCATION et INDIVIDUALISME sont deux termes antinomiques!!!


* Vous pouvez lire le rapport final ici ou bien une synthèse .


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22 mai 2009

Ce que les jeunes pensent des TICE: top 10 des impacts des technologies éducatives selon les jeunes en 2008

C'est grâce à Twitter [Bah oui; je "twitte". Pas vous?] et à Sylvain que j'ai eu connaissance de cette liste qui présente le Top 10 des impacts des technologies éducatives selon les jeunes en 2008 (K-12). Cette liste, reprise dans sa version originale (en anglais) sur le site Apprendre à distance est également commentée et traduite sur le blogue Ze cool blogue.

Je ne vais pas faire dans l'originalité en reprenant ici la liste originale. Par contre, vous trouverez également mes commentaires.

1. Digital Divide is Alive and Well

The digital divide between students and adults (including teachers and parents) continues to widen – despite all of the investments and professional development, our students are still powering down to go to school and powering up after school to re-enter the digital world. Other digital divides exist as well between segments of the student population including gender, technology skill self-assessment and age.

Vision un peu pessimiste à mon goût. Il ne faudrait quand même pas oublier qu'il y a de plus en plus d'enseignants (et même de parents) qui "se mettent" aux TIC (de nombreux enseignants tentent de les intégrer dans leurs classes). De plus, comme le souligne cette liste, tous les élèves ne sont pas égaux face au phénomène des TIC (même aux Etats-Unis *l'étude est américaine).
On a toujours tendance à croire que nos élèves en savent beaucoup plus que nous en matière de technologie. Ce n'est pas forcément vrai. Nos élèves sont peut-être calés en matière de réseaux sociaux (comme Facebook et MySpace), en conversation a/synchrone(MSN, SMS, etc.), en utilisation du téléphone portable et en jeux, mais guère plus pour la plupart. Ils parcourent le Web, mais ne savent pas vraiment comment faire des recherches. Ils ont des blogues, mais ne connaissent rien au langage HTLM [Bon, la plupart de mes collègues non plus; je vous l'accorde ;-) Et puis à quoi ça leur servirait à nos élèves de connaître le langage HTML?.... J'ai de petites idées sur ça. J'y reviendrai dans un autre billet]. Ils sont nés avec ces technologies, grandissent avec ces technologies, mais ne les utilisent et comprennent pas au-delà de leurs besoins personnels somme toute assez... primaires ;-) Alors OUI. La fracture numérique existe bel et bien entre les élèves et les profs (/parents), mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'étude qui souligne le fait que ce fossé est en train de s'agrandir. Bon, relativisons un peu.... Tout dépend bien entendu du pays, du public, etc.

2. Spectrum of Digital Native-ness

Don’t assume all digital natives are the same.  The Speak Up data reveals that there is a spectrum of “digital native-ness” today with younger and older students exhibiting increasingly divergent tech behaviors as well as very different attitudinal views on technology within learning.  Case in point – a 5th grader is almost 5X more likely to participate regularly in a virtual world than an 11th grader.

Il s'agit là d'un point très important. On a trop souvent tendance à mettre tous nos élèves dans le même panier en matière de TIC.

3. Explosion of Access to Mobile Devices

Today’s K-12 students are carrying “multiple computers in their pockets and backpacks” everyday.  Highlights from the data include:  almost 40% of K-2 students have their own cell phone, about half of students in Gr 3-5 have their own MP3 player and almost 24% of middle and high school students are carrying around a smartphone or PDA.

Nos élèves sont nés avec les TIC (d'où l'expression "natifs numériques") et peuvent difficilement s'en passer. D'ailleurs, à en entendre certains, ils ne pourraient plus vivre s'ils n'avaient pas leur portable (on a sûrement tous une histoire à raconter au sujet de la confiscation d'un portable en classe ;-). Comment alors considérer nos élèves (et leur apprentissage) sans prendre en compte ce paramètre-là? Pourquoi s'acharner à exclure ces outils (car ce sont bien des outils, et même des outils de survie pour certains de nos élèves ;-) au lieu de tenter, comme le font de plus en plus de collègues (et même certaines écoles/commissions/académies) de les intégrer, de les mettre à profit pour leur apprentissage? Bien-sûr, il faut contrôler leur utilisation. Les élèves ne peuvent pas croire qu'ils peuvent utiliser leur portable en classe quand ils veulent parce qu'on les utilise parfois pour certaines activités. On ne peut pas continuer à exclure ces outils des écoles puisque ce sont les outils que les jeunes utilisent le plus chaque jour.

4. New Obstacles to Tech Use @ School
Technology use at school is still a major frustration/disappointment factor for the overwhelming majority of students.  #1 obstacle to effective tech use (for the 5th year in a row) is school filters and firewalls – of course.  But the real surprise was this year’s #2 obstacle – teachers that limit our technology use.  The students told us in focus groups that they had better access to technology before their teachers received training on technology use!

Parlez-moi de frustration! Si les élèves sont frustrés par rapport à l'accès/usage des TIC à l'école et bien, certains enseignants aussi! Combien de fois me suis-je sentie frustrée à cause de la politique de ma commission scolaire? BEAUCOUP de fois! Frustrée parce que mes élèves ne pouvaient pas avoir accès à mon blogue à l'école; frustrée parce que Youtube est interdit; frustrée parce que tout doit passer par un technicien présent une fois par semaine (et encore, seulement 2 ou 3 heures; et je ne dis pas que c'est sa faute); frustrée parce que............ Pfffffff.

Par contre, je n'aurais pas cru que les élèves pourraient se plaindre de l'accès/usage des TIC à l'école après que leurs enseignants aient reçu une formation en intégration des TIC... C'est quoi le problème de ces formations? Bon, si je commence, il va me falloir 400 pages [Hey, c'est le sujet de ma thèse je vous rappelle ;-)]. On le sait, on le crie, on le dénonce: les formations aux TIC des enseignants sont, pour la plupart, inadaptées.

[Bon, plus assez de temps pour finir aujourd'hui. Ma puce vient de se réveiller et en plus, il fait super beau dehors. Je vous laisse donc sur ça et vous reviens très vite avec le reste de la liste et de mes commentaires] 


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20 mai 2009

Grand Corps Malade - Education Nationale: réflexions.

Comme promis, me revoici avec un nouveau billet sur la chanson de Grand corps malade: l'éducation nationale.
D'abord, les paroles:

"J'm'appelle Moussa, j'ai 10 ans, j'suis en CM2 à Epinay
Ville du 93 où j'ai grandi et où j'suis né
Mon école elle est mignonne même si les murs sont pas tous neufs
Dans chaque salle y a plein de bruit moi dans ma classe on est 29

Y a pas beaucoup d'élèves modèles et puis on est un peu dissipés
J'crois qu'nous sommes ce qu'on appelle des élèves en difficulté
Moi en maths j'suis pas terrible mais c'est pas pire qu'en dictée
C'que j'préfère c'est 16h j'retrouve les grands dans mon quartier

Pourtant ma maitresse j'l'aime bien elle peut être dure mais elle est patiente
Et si jamais je comprends rien elle me ré-explique elle est pas chiante
Elle a toujours plein d'idées et de projets pour les sorties
Mais on a que 2 cars par an qui sont prêtés par la mairie

Je crois que mon école elle est pauvre, on n'a pas de salle informatique
On n'a que la cour et le préau pour faire de la gymnastique
A la télé j'ai vu que des classes faisaient du golf en EPS
Nous on a que des tapis et des cerceaux et la détresse de nos maîtresses

Alors si tout s'joue à l'école, il est temps d'entendre le SOS
Ne laissons pas s'creuser l'fossé d'un enseignement à deux vitesses
Au milieu des tours y a trop de pions dans le jeu d'échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fou dans des défaites spectaculaires

L'enseignement en France va mal et personne peut nier la vérité
Les zones d'éducation prioritaires ne sont pas des priorités
Les classes sont surchargées pas comme la paye des profs minés
Et on supprime des effectifs dans des écoles déjà en apnée

Au contraire faut rajouter des profs et d'autres métiers qui prennent la relève
Dans des quartiers les plus en galère, créer des classes de 15 élèves
Ajouter des postes d'assistants ou d'auxiliaires qui aident aux devoirs
Qui connaissent les parents et accompagnent les enfants les plus en retard

L'enseignement en France va mal, l'état ne met pas assez d'argent
Quelques réformes à deux balles pour ne pas voir le plus urgent
Un établissement scolaire sans vrais moyens est impuissant
Comment peut on faire des économies sur l'avenir de nos enfants

L'enseignement en France va mal car il rend pas les gens égaux
Les plus fragiles tirent l'alarme mais on étouffe leur écho
L'école publique va mal car elle a la tête sous l'eau
Y a pas d'éducation nationale, y a que des moyens de survies locaux

Alors continuons de dire aux p'tit frères que l'école est la solution
Et donnons leur les bons outils pour leur avenir car attention
La réussite scolaire dans certaines zones pourrait rester un mystère
Et l'égalité des chances un concept de ministère

Alors si tout s'joue à l'école, il est temps d'entendre le SOS
Ne laissons pas s'creuser l'fossé d'un enseignement à deux vitesses
Au milieu des tours il y a trop de pions dans le jeu d'échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fous dans des défaites spectaculaires.

J'm'appelle Moussa, j'ai 10 ans, j'suis en CM2 à Epinay
Ville du 93 où j'ai grandi et où j'suis né
C'est pas d'ma faute à moi si j'ai moins de chance d'avoir le bac
C'est simplement parce que j'vis là, que mon avenir est un cul de sac."

grandcorpsmaladeAh cette dernière phrase. Comme d'habitude, le texte est excellent, mais cette dernière phrase surtout me fait penser au film Aïcha vu la semaine dernière sur France2. Ce film, de Yamina Benguigui, nous montre la vie d'une famille d'origine algérienne, qui vit à côté de Paris ("de l'autre côté du périph nord"). A travers Aïcha, la fille aînée, on découvre tout un côté de la vie des enfants d'immigrés; la pression familiale notamment, mais aussi le fait que ces enfants sont non seulement marqués par leur nom d'origine maghrébine, mais également par leur lieu de résidence. Ils sont catalogués "93" (département de la Seine-Saint-Denis) comme ils sont catalogués "Arabes"; deux "handicaps" que la société française ne pardonne pas. On comprend alors pourquoi Aïcha cherche à tout prix à "vivre de l'autre côté du périphérique, à Paris, ville de tous les possibles..." Malheureusement, cette situation n'est pas spécifique à Paris, ni même aux grandes villes (j'en sais quelque chose); ni même à la France. Pfffffffffff. Dans quel monde vivons-nous? Bon, je m'égare. Je viens tout à coup de remonter le temps et ça me fait tout drôle...

Revenons à nos moutons [là, je regarde le titre de mon billet et je me rappelle ;-)].

L'éducation nationale en France est un "grand corps malade" (si vous me permettez), nous le savons depuis longtemps; mais il n'y a bien qu'un slammeur* de génie comme Grand corps malade pour nous le dire avec des mots si simples, des mots qui vont droit au but et au coeur. D'abord, je vous dirai qu'en tant que prof, j'ai été touchée par le fait que Grand corps malade ne "tape" pas sur les profs, comme beaucoup le font (est-ce bien utile d'insister sur le fait que dans ces "beaucoup" il y a beaucoup de parents?!). Dans sa chanson, Moussa aime bien sa maîtresse et comprend qu'elle essaie de faire son métier du mieux qu'elle le peut. Bon, il est peut-être un peu idéaliste sur ce point car nous savons pertinemment que beaucoup de nos élèves n'en ont pas la moindre idée. Mais je dirais également qu'il y a bien plus d'élèves qui se rendent compte de nos efforts, de notre engagement, etc. que ce qu'on peut croire. Et puis, comment ne pas parler de cette allusion aux suppressions de postes en éducation? Comment peut-on faire passer d'autres budgets avant celui de l'éducation? Lducation (oui, je mets un E majuscule!) est ce qu'il y a de plus important dans une société. Une société sans éducation n'est rien et ne va nulle part (où alors, droit dans le mur et aidée en cela par un dictateur). Bon, le budget de la santé est également important, mais si on fait notre boulot en éducation, et bien, le budget de la santé s'en trouvera beaucoup mieux. Tiens, ça me fait penser à Cuba ça. J'adore Cuba et ne suis pas très objective quand j'en parle, mais je ne dois pas être la seule quand je dis que eux, au moins, ont tout compris puisque l'éducation est entièrement gratuite (tout comme la santé d'ailleurs) de la maternelle à l'université. Bon, après, il y aurait beaucoup à dire au sujet de Cuba, mais on ne peut en tout cas rien leur reprocher en matière d'éducation (bien au contraire). [ça y est; je m'égare à nouveau]

Je crois bien que je ne vais jamais finir ce billet sur la chanson de Grand corps malade. Allez, je vous laisse là pour l'instant. Je vous reviens plus tard.


* On écrit "slameur" ou "slammeur"? J'ai opté pour la deuxième option et ce, par rapport au terme "rappeur" que l'on écrit avec deux p.


19 mai 2009

Grand Corps Malade - Education Nationale

Grand Corps Malade - Education Nationale

Merci à Sylvain pour ce lien.

Je vous reviens bientôt avec mes réflexions.


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16 mai 2009

Et zoom! Le Teachertube québécois.

Vous connaissez forcément tous Youtube! Si, si! Même mon beau père connait Youtube; c'est dire! (d'ailleurs, depuis qu'il y a goûté, il en passe du temps là-dessus. C'est pour ça que ma belle-mère me fait la gueule? ;-))

[M.A.J du 16 mai: Youtube est tellement connu et utilisé que certains avancent qu'il pourrait bientôt remplacer Google comme moteur de recherche]

Bon, Youtube c'est du gâteau; tout le monde connait. Mais Teachertube? Y-a bien que les profs et ceux du milieu qui connaissent. Et encore! Surtout ceux qui maîtrisent l'anglais; car il faut bien le reconnaître: les ressources francophones sur Teachertube sont peu présentes. Et bien, les Québécois -encore eux :)- ont su pallier ce manque et ont créé Zoom. Bon, quand je dis "les Québécois" c'est surtout à Robert David que je pense ;-)

zoom

Il vous suffit de vous inscrire (créer un compte; rapide et gratuit) pour ensuite avoir accès à une multitude de ressources vidéos très inspirantes. En vrac, comme ça, j'aime bien celle du Traiteur écolo (tiens, ça me rappelle le billet de Sylvain sur la malbouffe à l'école), celle Du bon pain (qui ferait bien plaisir à mon écoboulanger de mari), celles (il y en a 3) qui traitent des stratégies de lecture au travers du thème Une maison écologique, celle qui parle du B2i (certification française), ou bien encore celle qui analyse la formation aux TIC des maîtres en secondaire 1. Enfin. Il y a en plein d'autres, alors allez y jeter un coup d'œil.


15 mai 2009

The story of stuff: un formidable outil didactique

Bon, je vais peut-être faire comme tout le monde (surtout depuis qu'on en a parlé dans The New York Times), mais comment passer à côté de cette formidable vidéo d'Annie Leonard qui traite avec humour et tant de réalisme des effets de la consommation mondiale (et notamment, la consommation américaine)? Je crois que mes élèves d'anglais vont y avoir droit ;-)

Et dire qu'Annie a posté cela en 2007!!! Quelle ignorante je fais. La hoooonnnnnttttteeeee...


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13 mai 2009

Quand la déprime guette...j'enseigne!

Tranche de vie...

etoilebergerCe matin, une désagréable nouvelle au lycée m'a mise de mauvais poil. Vers 10h30, je commençais même à être sérieusement déprimée. Vers 12h, en déjeunant avec quelques collègues drôlement sympas, ça allait un peu mieux, mais je ne cessais de penser à cette mauvaise nouvelle et je ressassais toujours les mêmes idées. A 13h, lorsqu'il m'a fallu aller enseigner aux 1ères ESL, j'étais loin d'être motivée... Et puis: tadam! Me voilà sur l'estrade, face à tous ces ados qui me disent bonjour en souriant, me demandent comment je vais, et hop! J'écris mon plan de cours au tableau tout en répondant nonchalamment à leurs questions. La sonnerie retentit: j'ai à nouveau endossé mon costume préféré -celui de prof- et tout va bien. Pendant deux heures, je ne pense à rien d'autre qu'à ces petites têtes blondes en face de moi, à cette nouvelle que j'essaie de rendre intéressante, à ce dialogue qu'ils s'évertuent à présenter, à leurs efforts pour parler anglais, à mon boulot de prof quoi.

Les mauvaises nouvelles? Y-en a pas! Les soucis? Envolés! Le soleil brille et mes élèves aussi.

Je suis une bergère et mes élèves sont mes .......... étoiles (pas mes moutons, non! ;-))


Laissé ici par fleette à 17:47 - Etre prof - Vos murmures[1] - Permalien [#]
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