TIC@le: TIC, langues et formation des enseignant(e)s

Blogue d'une prof de français (langue seconde et étrangère) passionnée par les TIC(E), les langues et la formation (continue) des enseignant(e)s. De nombreuses activités pour le FLE, le FLS et autres langues secondes et étrangères. Plein de liens pour l'en

01 octobre 2009

Twitter et les profs

twittereducationAvant toute chose, je tiens à m'excuser auprès de mes milliers :)))) de fans pour ne pas avoir été très présente ces derniers temps. Comme je sens que vous vous demandez pourquoi (si, si!), je me dois de vous éclairer. En fait, lundi, j'ai fait ma deuxième rentrée (scolaire hein! pas celle des artistes... quoique...Bon, je m'égare là). Cette fois-ci, il s'agit de cours d'anglais et d'espagnol à des élèves étudiants -de niveau licence- en DEES (Diplôme Européen d'Études Supérieures) ARH (Assistant de gestion Ressources Humaines) et DEES MI (Marketing International). Vous imaginez donc bien mes journées entre mon poste 4/5 comme prof d'anglais au lycée et celui-ci ;-)

Bon, maintenant que je me suis bien plainte (allez, ça fait du bien de temps en temps ;-), je peux en venir au sujet de mon présent billet: Twitter et les profs.

Comme vous le savez, je m'intéresse de très près à la formation continue -aux TICE et par les TICE- des enseignants. Quand je parle de TICE, je devrais préciser qu'il s'agit plus particulièrement des  technologies du web 2.0. J'ai justement lu quelque chose d'intéressant à ce sujet sur le Teacher Professional Development Sourcebook: Teachers take to Twitter. Apparemment, et contrairement à ce que je croyais, les enseignants sont -de plus en plus- nombreux à utiliser Twitter (à l'étranger au moins ;-)). J'ai trouvé l'idée de Tom Barrett (dont il est question dans l'article) excellente!: utiliser Twitter pour enseigner la notion de probabilité. Plus encore, la dimension interculturelle -tout d'abord insoupçonnée dans le cas de Tom Barett-, m'a fait réfléchir aux nombreuses possibilités qu'offre Twitter pour mes classes. J'y reviendrai certainement. Si, d'ici là, vous avez vous-même des idées à partager, n'hésitez pas! En attendant, je vous laisse avec quelques liens supplémentaires (pas grand chose en français, désolée), histoire de poursuivre la réflexion:


Laissé ici par fleette à 14:39 - TIC et formation des enseignant(e)s - Vos murmures[1] - Permalien [#]
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17 juillet 2009

Formation continue des enseignants aux TICE: le cas de l'Académie de Strasbourg

Je poursuis ma réflexion entamée il y a 4 jours (en fait, ça fait plutôt 5 ans, mais bon; on ne va pas chipoter* ;-)
Je reviens sur l'Académie de Strasbourg et sur les deux problèmes évoqués -notamment- dans mon précédent billet: l'inadéquation des formations proposées et la formation des formateurs TICE. J'ai voulu voir de plus près ce qu'il en était dans l'Académie de Strasbourg.

profouestfranceComme à chaque fois, la politique de l'Académie de Strasbourg accorde une place prépondérante à la formation continue, qu'elle estime devoir être "directement liée aux préoccupations quotidiennes et aux évolutions du système éducatif, en tenant compte des besoins spécifiques des personnels [...]." Elle précise en outre que les formations proposées le sont dans le souci "d'une bonne adéquation aux demandes exprimées ou prévisibles des acteurs du terrain."

Au sein de l'Académie de Strasbourg, c'est la Délégation à l'Innovation et à la Formation des Personnels Enseignants [DIPFE] qui est en charge de la formation des enseignants et plus précisément du Plan Académique de Formation [PAF], qui propose notamment des stages disciplinaires ou interdisciplinaires et des animations pédagogiques, disciplinaires ou transversales. En matière de TICE, on se rend vite compte, en consultant le catalogue du PAF, que les choses ont évolué, ne serait-ce qu'en volume (par exemple, en 2006-2007, 24 formations étaient proposées, contre 37 en 2007-2008 et 38 en 2008-2009). En plus de ces formations, le dispositif Pairform@nce a été mis en œuvre en 2007 dans le cadre de la formation continue aux TICE des enseignants de l'académie de Strasbourg, pour permettre aux enseignants d'"acquérir progressivement des compétences de type C2i niveau 2 «enseignant», pour mettre en œuvre les programmes qui font référence   aux TIC et en particulier le B2i." Je vous rappelle que "tous les enseignants de toutes les disciplines sont concernés par le C2i2e. Actuellement, "tous les stagiaires de tous les IUFM, [depuis] l’année 2006-2007, entrent dans le processus de formation et de certification des compétences du C2i® niveau 2 “enseignant"(site du C2i).

Le C2ie compte deux niveaux et un total de 23 (sous-)compétences (18 obligatoires et 5 autres à choisir dans les 9 restantes) à acquérir. Même si ces compétences sont censées être "de base" pour tout enseignant, certaines sont -comme vous pouvez le voir ci-dessous dans le référentiel- très pointues pour qui n'a pas été formé (et c'est le cas de BON nombre d'enseignants en poste! puisque le C2ie n'est obligatoire que depuis la rentrée 2007). Prenez les compétences 2 et 3 du niveau A3 par exemple. Une recherche efficace sur Internet se doit de respecter certaines règles. Et, à moins de connaître les bons critères, il est difficile de juger correctement de la validité des informations trouvées.

C2iA

Comme je le disais déjà dans un précédent billet, beaucoup d'enseignants titularisés avant 2007 n'ont "même pas" le niveau 1 du C2ie. Comment imaginer alors qu'ils puissent acquérir, sans une formation continue adaptée, les compétences du niveau 2?

C2iB

C'est donc là qu'intervient (ou "devrait intervenir") la plateforme Pairform@nce. On y trouve entre autres, une messagerie, un forum enseignants (activité assez limitée: 3 messages dont 2 du "Correspondant académique de l'académie de Strasbourg, membre du pôle-ID"), le catalogue général des formations de Pairform@nce par domaine (par exemple: les langues vivantes au secondaire, le français à l'école élémentaire, les sciences de la vie et de la terre au secondaire, l'exercice du métier d'enseignant, la formation et l'accompagnement des enseignants) et les activités de formations actuellement proposées au sein de l'académie via la plateforme:

Utilisation avancée du tableur en sciences
Espace Numérique de Travail : comment intégrer l'ENT dans sa pratique pédagogique ?
(Groupe Bas-Rhin) Quelles compétences TICE pour enseigner ? (Groupe Bas-Rhin)
(Eco-gestion) Quelles compétences TICE pour enseigner ? (eco-gestion)
Débattre de l'actualité par écrit
Mathématiques au collège avec un tableur
TICE - Quelles compétences TICE pour enseigner ?
Création multimédia sur le web et blog
Usages d'une plateforme collaborative en Économie-gestion
Enseigner la géométrie au collège avec un logiciel
Usages d'une plateforme collaborative en Économie-gestion

Comme vous l'aurez compris, la plateforme est bien loin de remplir le rôle pour lequel elle a été créée "Former les enseignants aux TICE et développer, via le web, le travail en équipe". Il est vrai que ce dispositif n'en est qu'à ses débuts, mais il a tout de même été mis en place à Strasbourg au début de l'année 2007 (supposément). Que deviennent alors tous ces enseignants censés acquérir rapidement les compétences du C2ie? Décidément: la formation continue aux TICE des enseignants reste un casse-tête. Pourtant...


* J'adore ce verbe! Je ne sais pas pourquoi, mais il me fait toujours sourire.


13 juillet 2009

Enquête sur l'utilisation des TICE par les enseignants (Strasbourg, France) et réflexions sur la formation aux TIC

Les résultats de l'enquête menée pour le compte de l'Académie de Strasbourg sur l'utilisation des TICE par 245 enseignants d'histoire-géographie sont une preuve de plus des lacunes endémiques de la formation des enseignants aux technologies de l'information et de la communication [TIC]. En effet, à la question 9 "Êtes-vous demandeur d'une formation aux TICE?" 81% ont répondu "Oui". Ce qui n'est pas étonnant puisqu'ils sont 74% à affirmer s'être formés "seul(e) ou avec des amis" à l'informatique. Les auteurs de l'enquête précisent à ce titre que "les collègues réclament des stages et notamment des formations plus pointues que la simple informatique de base. Il semble que l'usage de la bureautique (traitement de textes surtout) soit entré dans les mœurs. La découverte de ressources est plébiscité."

profticcraieMais alors, si les enseignants réclament des stages, quels sont les obstacles à ces formations? Les auteurs de l'enquête semblent croire que "ces formations se heurtent à deux écueils: la disponibilité de formateurs et de matériels". Même s'il est vrai que ces deux aspects sont importants, je crois personnellement que le problème réside également dans le fait que les formations proposées sont inadaptées. Scheffknecht et Schwartz* le disaient déjà en 1978: "en définitive, l'utilité de la formation dépend bien plus des conditions concrètes de son utilisation que de la qualité de la formation elle-même". Cela me rappelle le dernier livre** que j'ai lu sur le sujet, dans lequel les auteures précisaient que

"the professional development offered to them [the teachers] at the district level has continued to follow a skills-based model, with teachers taught stand-alone skills or familiarized with software to which they, in fact, have no access and which they never thet the opportunity to use in the context of their work. [...] These example show how school district policy, often guided by larger political "visions", can be so disconnected from local contexts and classroom practices as to undermine its own initiatives." (Jenson, Brushwood Rose & Lewis, 2007, p. 88)

Un peu plus loin, ces mêmes auteurs soulignent que

"It is clear that technology policies whose interpretation and endorsement is uninformed by and insensitive to the practical curricular/instructional requirements of teachers in classrooms constitute significant barriers to technology use, legitimating a continuous erosion of educators' needs and priorities and replacing them with technical ones." (Jenson, Brushwood Rose & Lewis, 2007, p. 92)

Jenson, Brushwood Rose et Lewis soulèvent également le problème de la formation des formateurs TICE en attirant notre attention sur le fait que

"[...] staff hired by IT [Instructional Teachnology] services are not chosen based on their qualifications as educators and curriculum developpers. [...] These IT services staff saw themselves primarily as technicians who had been hired to maintain and fix machines, not to offer teachers curricular or instructional support." (p. 97)

Il s'agit là, comme vous l'aurez compris grâce au titre de leur ouvrage, d'une situation particulière: celle du Canada. Je crois néanmoins que les deux problèmes soulevés et commentés ici (celui de l'inadéquation des formations proposées et de la formation des formateurs TICE) sont loin d'être spécifiques au Canada.


* Scheffknecht J.J. & Schwartz B. (1978). La formation continuée. Paris: PUF.

** Jenson J., Brushwood Rose C. and Lewis B. (2007). Policy unplugged: Dis/Connections between Technology Policy and Practices in Canadian Schools.Montreal and Kingston: McGill-Queen's University Press.


10 juillet 2009

Conseiller TICE, chargé de mission TICE, etc. (en France)

Comme je le disais dans un précédent billet, les métiers liés aux TICE en France ne sont pas forcément bien définis. Les différentes appellations le prouvent; appellations qui ne correspondent pas nécessairement à des compétences bien précises.

Pour répondre à la question d'un de mes lecteurs et pour faire suite à mon dernier billet sur la formation des enseignants (et précisément, la formation aux TICE), je vous présente ci-dessous quelques informations  (et plusieurs liens) sur ces différentes fonctions liées aux TICE. Il ne s'agit là que d'une introduction. Je reviendrai bientôt plus en détails sur certains aspects.

  • Beaucoup de ressources sur le site Educnet, du ministère de l’éducation nationale (France) ; notamment une définition du conseiller académique TICE « Le CTICE est chargé auprès de chaque recteur de coordonner l'ensemble des actions qui concernent les TICE dans l'académie. Il anime notamment le réseau des personnes ressources,  le réseau des interlocuteurs disciplinaires et les réseaux d'animation spécifiques au premier degré. Il doit également travailler en collaboration avec le service traditionnellement chargé de l'informatique de gestion, et  informer de la politique académique les différents échelons des collectivités territoriales avec qui les négociations sont permanentes. » Le CTICE peut avoir un collaborateur (adjoint ou chargé de mission). Un annuaire TICE des académies est également disponible ici (liste des sites TICE, des responsables TICE des académies, etc.)
  • Le site EducTICE est aussi une référence dans le domaine. En ce qui concerne les membres d’EducTice, il y a une présentation ici.
  • Un autre site est tout aussi incontournable : TEMATICE (Portail de la recherche sur les TIC pour l’éducation et la formation).
  • Le site Pairform@nce, du ministère de l'éducation nationale (France) est également un site très intéressant dans le domaine. Ce site est un dispositif de formation collaborative en ligne qui s'intéresse à la formation continue aux TICE des enseignants. Il permet ainsi de compléter le C2i niveau 2 "enseignant" et de poursuivre l'apprentissage de l'intégration des TICE. [J'en reparlerai dans un prochain billet]
  • Il y a enfin les services TICE des iufm (celui de Paris et celui du Portail des iufm).

Les conseillers TICE

  1. Sur le Blog TICE de l’académie de Corse, on trouve une présentation intéressante de la mission du CTICE.
  2. A cette adresse, on trouve la lettre de mission du CTICE de l’académie de Nantes.
  3. Ici, l’académie de Nice présente son volet TICE dans un document PDF assez clair.

Les chargés TICE (chargé d’étude, chargé d’ingénierie éducative, chargé de mission)

  1. Un exemple de cv d’un chargé d’étude TICE ici.
  2. Un exemple de profil ici.
  3. Le témoignage d’un chargé de mission TICE ici, un autre ici.

Les assistants pédagogiques TICE

  1. Comment devenir assistant pédagogique TICE ? Un exemple ici, à l’université Paris I

Les référents TICE

  1. Un exemple de profil ici.

Les formateurs TICE

  1. Le profil de plus de 100 formateurs TICE sur Viadeo

Des formations aux TICE

  1. http://www.formation-publique.fr/annuaire/ccip-preau-tice01.shtml
  2. http://cms.ac-martinique.fr/structure/ctice/articles.php?lng=fr&pg=9
  3. http://www.lille.iufm.fr/spip.php?article2920
  4. Diplôme de conseiller en TICE

Enfin, je ne peux terminer aujourd’hui sans mentionner le site de l’association des formateurs TICE que je vous conseille d’aller visiter.  


03 juillet 2009

De la formation initiale à la formation continue des enseignants: partie 1, au Québec

Et voilà! Après toutes ces années d'études, ces travaux, ces stages, ces difficultés, ces petits et grands bonheurs aussi, vous vous retrouvez enfin le dos au tableau. Ce tableau que vous avez si souvent contemplé et tenté de déchiffrer. Vous lui tournez maintenant le dos. Mais vous, devant tous ces visages inconnus, vous vous demandez ce que vous allez bien pouvoir y écrire sur ce tableau...

confessionsjeuneprofC'est officiel! Vous avez complété votre formation; vous avez eu vos diplômes et c'est en vous appelant "Madame" ou "Monsieur" qu'on s'adresse à vous dans la classe.
Vous êtes prof.
Vous avez franchi toutes les étapes.
Vous êtes prof.

Et maintenant?
Êtes-vous vraiment prêt(e) à affronter tout cela? Vous a-t-on réellement fourni les armes nécessaires à une telle tâche? Une tâche essentielle; une tâche extraordinaire; une tâche difficile.

Vous avez reçu une formation............ initiale.
I-NI-TIAL... Le début, le commencement.

Vous êtes un(e) prof qui débute; un(e) prof qui commence; un(e) prof qui a besoin des autres; un(e) prof qui ne doit surtout pas cesser d'être apprenant(e).
La formation initiale n'est ... qu'un début, un commencement. D'où l'importance de la formation continue.


Dans le cadre de la réforme en cours au Québec, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) reconnaît l’importance [ouf!] de la formation des enseignants (Gouvernement du Québec, 1999) . En 2001 il a proposé un référentiel de douze compétences professionnelles (regroupées en quatre catégories) qui reflètent les compétences attendues des nouveaux enseignants. Ce référentiel constitue [encore!] le document officiel du Ministère en matière de formation des maîtres pour la formation générale.

competencesprofMELS_copy

http://www.mels.gouv.qc.ca/dftps/interieur/PDF/formation_ens.pdf

Je m'intéresse particulièrement aux compétences trois, quatre, cinq et huit qui insistent sur une notion qui m'est chère: la collaboration. En effet, les enseignants doivent être prêts à ne plus travailler seuls, à partager leurs savoirs, leurs ressources et donc à construire avec les autres. Quoi de plus facile aujourd'hui avec les TIC?!! Pourtant, ce n'est pas si simple. Les enseignants doivent adopter "de nouveaux comportements et de nouvelles attitudes : rechercher de l’information pour comprendre et résoudre une situation, partager de l’information, s’ouvrir à d’autres façons de faire, avoir un regard critique, exposer ses pratiques pédagogiques publiquement, etc.." (Martinet et al., 2001[1], pp. 107-108) C'est loin d'être évident pour tout le monde.

De la formation initiale...

Pour enseigner dans les écoles secondaires du Québec il faut avoir une autorisation d’enseigner. Cette autorisation d’enseigner est délivrée, par le MELS, aux étudiants qui ont obtenu un baccalauréat en éducation [2], au terme d’une formation universitaire théorique et pratique de quatre ans.

La formation pratique dans les programmes de baccalauréat d’enseignement au Québec est importante [même si elle me semble encore bien insuffisante] ; les futurs enseignants doivent en effet faire cent-vingt jours de stage répartis sur les quatre années de leur formation [en France, ce sont deux années d'IUFM après une licence -mais c'est en train de changer- et un volume horaire total des stages d'environ 400 heures pour le premier degré et de 320 heures pour le second degré]. Les stagiaires peuvent ainsi fréquenter plusieurs écoles et bénéficier de l’expérience des enseignants en exercice. C’est ici que la formation continue prend toute son importance puisque les futurs enseignants ont tendance à reproduire les expériences vécues pendant leurs stages. Par exemple, en matière d'intégration des TICE, voici ce que note Karsenti (2004, p. 274 [4]): « des futurs maîtres exposés à des pratiques d’intégration des TIC peu innovantes auront tendance à reproduire ces mêmes pratiques dans leur future profession ». Si donc les enseignants d’expérience utilisent les TICE, les futurs enseignants seront plus enclins à les utiliser également. Le problème est justement que ces enseignants d’expérience n’intègrent pas vraiment les TICE à leur enseignement et les utilisent « davantage à des fins de gestion, c’est-à-dire à des fins non liées à l’apprentissage et à l’enseignement » (Karsenti, 2004, p. 269). Il est vrai, comme le précise Karsenti (2004), que la majeure partie des professionnels de l’enseignement actuellement en exercice proviennent d’un univers de formation initiale où la construction de compétences informatiques minimales n’était pas un objet de qualification professionnelle. (Larose & Peraya, 2001, p. 35) [5] Même si ce phénomène tend à changer/évoluer, les recherches démontrent que la formation aux TICE est encore insuffisante/inadaptée.

A la formation continue.

Pourtant, la réforme en cours au Québec oblige les enseignants « à intégrer le recours à ces technologies en tant que composante majeure de leur instrumentation didactique » (Larose & Peraya, 2001, p. 35). Il importe donc de les aider dans cette tâche complexe. C’est le rôle de la formation continue.

Même si le MELS reconnaît là encore l’importance d’une formation continue des enseignants (Gouvernement du Québec, 1999) et que des Centres d’enrichissement en micro-informatique scolaire (CEMIS) et un Centre d’enseignants et d’enseignantes (CEE) sont censés contribuer à l’application de connaissances pédagogiques nouvelles et à l’intégration des technologies de l’information et de la communication aux pratiques pédagogiques (Gouvernement du Québec, 1999), il reste que dans les pratiques, «pour la plupart d’entre eux, les membres du corps enseignant actuel ont une expérience nulle sinon réduite de l’apprentissage avec les TIC » (Desbiens & al., 2004, p. 19). Karsenti et Larose (2005-b) précisent même que lorsqu’il y a intégration, elle « demeure relativement marginale et relègue l’informatique pédagogique au rang de matériel scolaire auquel on recourt, ou on fait recourir l’élève, de façon peu fréquente » (Karsenti & Larose, 2005-b, p. 208) et que « au Québec comme ailleurs dans le monde, on déplore la faiblesse du soutien technique accordé au personnel enseignant » (Karsenti & Larose, 2005-b, p. 209). Cela me ramène à la discussion sur le rôle et les compétences des conseillers TIC [je reviendrai bientôt dessus].

La formation continue, en ce qui concerne les TICE, n'est donc pas adaptée; mais comment y remédier? Comment l'améliorer? Et ces lacunes, sont-elles spécifiques à l'intégration des TICE ou bien symptomatiques de la formation continue en général?

La suite au prochain épisode.


[1] MARTINET M.A., RAYMOND D. & GAUTHIER C. (2001). La formation à l’enseignement. Les orientations, les compétences professionnelles. Québec : Ministère de l’Éducation, du loisir et du sport. Direction de la formation et de la titularisation du personnel scolaire. [En ligne]http://www.mels.gouv.qc.ca/dftps/interieur/PDF/formation_ens.pdf (consulté régulièrement entre 2006 et 2009).

[2] En 2006, des modifications ont été apportées au Règlement sur les autorisations d’enseigner, précisant que « [les] titulaires d’un baccalauréat dans une discipline enseignée au secondaire, aux étudiants de quatrième année des programmes universitaires de formation à l’enseignement, de même [que les] enseignants du collégial [pourront] obtenir, à certaines conditions, une autorisation temporaire d’enseigner. Les nouvelles dispositions leur permettront d’exercer la profession tout en poursuivant leur formation en pédagogie » (MELS, 2006-e).

Pour ce qui est des langues, le domaine d’apprentissage des langues regroupe la langue d’enseignement, la langue seconde, la langue tierce  avec, comme profil de sortie, un baccalauréat en enseignement des langues secondes [3]. Les profils de sortie "précisent les compétences professionnelles que le futur maître doit posséder au terme de la formation initiale, le contexte d’intervention dans lequel il doit être en mesure d’exercer ainsi que les matières ou disciplines scolaires qu’il doit pouvoir enseigner". (Martinet et al., 2001, p. 163)

[3] Il existe également des baccalauréats plus spécialisés comme celui en enseignement du français langue seconde, proposé dans quatre universités (McGill University, conjointement avec l’Université de Montréal, l’Université Laval, l’Université du Québec à Montréal-TELUQ).

[4] KARSENTI T. (2004). Les TIC et les futurs enseignants: les facteurs qui influencent leur utilisation. Dans D. Biron et M. Cividini (dir.), La formation enseignante au temps des réformes. (pp. 263-280). Sherbrooke: Editions du CRP.

[5] LAROSE F. & PERAYA D. (2001). Fondements épistémologiques et spécificité pédagogique du recours aux environnements virtuels en enseignement: Médiation ou médiatisation? Dans T. Karsenti et F. Larose (dir.), Les TIC... au coeur des pédagogies universitaires. (pp. 31-68) Sainte-Foy: Presses de l'Université du Québec.


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25 mai 2009

Compétences d'un conseiller pédagogique TIC(E)

humour_TICEComment parler d'intégration/utilisation* des TIC(E) et de formation des enseignants aux TIC(E) sans parler de ces emplois qui ont "fleuri" ces dernières années: les conseillers pédagogiques TIC(E)?

Quel est leur rôle? Quelles sont (ou devraient être ;-)) leurs compétences? Comment aident-ils les enseignants? Comment favorisent-ils une bonne intégration/utilisation des TIC(E)? Voici ce que j'en pense.

Tout d'abord, le conseiller pédagogique TIC(E) [que je vais abréger CP-TIC(E) pour faire originale ;-)] ne doit pas oublier son rôle premier: favoriser le meilleur apprentissage possible des élèves en soutenant, en aidant, en assistant , en conseillant les enseignants dans leur recherche et mise en œuvre de l'enseignement le mieux adapté. Ceci étant dit, est-il bien nécessaire de rappeler que les TIC(E) ne sont qu'un outil et pas un but en soi (« l’instrument n’est pas porteur d’épistémologie en se », Karsenti & Larose, 2001, p. 59)...? Un bon enseignant n’a pas nécessairement besoin d’un ordinateur pour bien enseigner [Allez, je ne peux pas résister à l'envie de placer ici l'une des mes citations préférées: « Just remember : in most cases, effective teaching with technology is effective teaching by any means » (Grabe & Grabe, 1996)].

  • Aider à l'intégration harmonieuse des TIC(E) dans les stratégies d'apprentissage et d'enseignement

Il s'agit là de la grande différence entre le conseiller pédagogique "simple" [j'insiste sur les guillemets, puisque rien n'est simple en pédagogie] et le conseiller pédagogique TIC(E).

Pour que ce premier objectif soit un succès, le CP-TIC(E) doit avant toute chose être à l'écoute des enseignants, de leurs besoins, de leurs attentes, de leurs questions; tout comme un enseignant doit être à l'écoute de ses élèves. Sans une bonne communication (la base de tout! [je radote; je sais]) le CP-TIC(E) n'obtiendra pas les résultats escomptés; autrement dit: une intégration/utilisation réussie des TIC(E). Le CP-TIC(E) ne devra par exemple pas se poser en pourfendeur ou défenseur de telle ou telle théorie de l'apprentissage ("le béhaviorisme, c'est mal; le constructivisme, c'est bien!"). Chaque élève a sa façon d'apprendre; chaque enseignant, sa façon d'enseigner. S'il est vrai que certaines théories fonctionnent mieux avec certains publics ou dans certaines situations d'apprentissage, il ne faut imposer de théorie à personne. Sensibiliser, oui. Imposer, non.

  • Assurer une veille technologique et pédagogique

Dans le domaine des TIC(E), tout va très vite. Ce qui était nouveau hier est déjà dépassé aujourd'hui. "Pire encore": nous préparons nos élèves à certains métiers qui n'existent pas encore! Il faut donc constamment se tenir au courant des dernières avancées technologiques et pédagogiques. Bien entendu, seul l'esprit critique du CP-TIC(E) pourra lui permettre de faire le tri dans tout cela et de savoir ce qu'il doit/peut soumettre aux enseignants.

  • Informer les enseignants sur les possibles applications pédagogiques des TIC(E)

Cette information peut prendre plusieurs formes; la plus courante étant celle des ateliers (activités d'animation et de perfectionnement). Les recherches sur la formation aux TIC(E) des enseignants ont néanmoins montré que ces ateliers ne fonctionnent pas très bien** [Je confirme!].Beaucoup  de raisons ont été avancées pour expliquer ces échecs; entre autres que ce qui était appris lors de ces ateliers était difficilement applicable en classe (soit parce que inadapté aux situations d'enseignement, soit parce que les logiciels utilisés ne sont pas disponibles dans les écoles, etc.), mais également que certains intervenants étaient plus des techniciens que des pédagogues et n'arrivaient donc pas forcément à faire passer leur message. Deux choses donc sont primordiales si on tient à faire ce genre d'atelier TIC(E): 1- que l'intervenant soit un enseignant et un spécialiste des TIC(E). 2- que les ateliers se fassent par matière et par niveau (par exemple: un atelier spécifique pour les apprenants de FLS en 4ème et 5ème secondaire). Un autre facteur me semble également important: le suivi (trop souvent, les ateliers ne proposent aucun suivi). Il est évident que le CP-TIC(E) ne peut gérer le suivi de tous les enseignants participants (c'est dommage, mais c'est comme ça); d'où l'importance de déléguer... aux personnes ressources dans les écoles par exemple. [C'est un autre sujet; même si cela entre dans mon point suivant]

  • Promouvoir les TIC(E)

L'un des rôles du CP-TIC(E) est de favoriser l'émergence de projets pédagogiques intégrants/utilisants les TIC(E). Il peut lui-même en suggérer, ou bien alors assister, aider, soutenir des enseignants porteurs de projets. Dans tous les cas, le CP-TIC(E) devra assurer le suivi du/des projet/s. La promotion des TIC(E) peut également se faire grâce aux personnes ressources directement présentes dans les écoles. Ces personnes ressources (généralement des enseignants passionnés par les TIC(E)) pourront alors se faire le relai entre les CP-TIC(E) et les autres enseignants.

Bon, puisqu'il est de notoriété publique que je radote, je terminerai en insistant sur la COLLABORATION. Trop souvent, les liens entre CP-TIC(E) et enseignants sont à sens unique. Il est important qu'il n'en soit pas ainsi. Certes, le CP-TIC(E) est là pour épauler, assister (etc.) les enseignants, mais il doit également être prêt à apprendre des enseignants sans se poser en expert indétrônable.


* Débat en cours... J'y reviendrai.

** Pour l'instant, une seule référence me vient à l'esprit, là, comme ça ;-): Policy unplugged. Dis/Connections between technology policy and practices in Canadian schools. De Jennifer Jenson, Chloë Brushwood & Brian Lewis (2007. McGill-Queen's University Press).


16 mai 2009

Et zoom! Le Teachertube québécois.

Vous connaissez forcément tous Youtube! Si, si! Même mon beau père connait Youtube; c'est dire! (d'ailleurs, depuis qu'il y a goûté, il en passe du temps là-dessus. C'est pour ça que ma belle-mère me fait la gueule? ;-))

[M.A.J du 16 mai: Youtube est tellement connu et utilisé que certains avancent qu'il pourrait bientôt remplacer Google comme moteur de recherche]

Bon, Youtube c'est du gâteau; tout le monde connait. Mais Teachertube? Y-a bien que les profs et ceux du milieu qui connaissent. Et encore! Surtout ceux qui maîtrisent l'anglais; car il faut bien le reconnaître: les ressources francophones sur Teachertube sont peu présentes. Et bien, les Québécois -encore eux :)- ont su pallier ce manque et ont créé Zoom. Bon, quand je dis "les Québécois" c'est surtout à Robert David que je pense ;-)

zoom

Il vous suffit de vous inscrire (créer un compte; rapide et gratuit) pour ensuite avoir accès à une multitude de ressources vidéos très inspirantes. En vrac, comme ça, j'aime bien celle du Traiteur écolo (tiens, ça me rappelle le billet de Sylvain sur la malbouffe à l'école), celle Du bon pain (qui ferait bien plaisir à mon écoboulanger de mari), celles (il y en a 3) qui traitent des stratégies de lecture au travers du thème Une maison écologique, celle qui parle du B2i (certification française), ou bien encore celle qui analyse la formation aux TIC des maîtres en secondaire 1. Enfin. Il y a en plein d'autres, alors allez y jeter un coup d'œil.


06 avril 2009

Avis de recherche: blogues de prof de français (langue seconde ou étrangère) au Québec

Après maintes réflexions j'ai enfin décidé, pour ma thèse doctorale, de faire une étude multicas; ce qui explique l'avis de recherche que je lance ici:

JE RECHERCHE DES PROFESSEURS DE FRANÇAIS (LANGUE SECONDE OU ÉTRANGÈRE) AU QUÉBEC* QUI ONT UN BLOGUE.

Si donc vous enseignez le français au Québec* et que vous avez un blogue en lien avec votre profession, n'hésitez pas à m'écrire ou à me laisser un commentaire ici-même. Votre aide m'est indispensable pour mener à bien mes recherches doctorales.
Merci.

* Je pense éventuellement étendre mes recherches à d'autres provinces canadiennes comme le Nouveau-Brunswick et l'Ontario par exemple. Alors, n'hésitez pas surtout! :)


25 février 2009

Pour "être dans le coup" en matière de TIC: le Web 2.0

Je ne me souviens plus trop comment j'ai découvert le site Internet de Stephen Downes (Stephen's web), mais ce fut en tout cas une agréable découverte. Si vous ne le connaissez pas, allez y jeter un coup d'œil.

Ce soir, c'est de l'un de ses articles dont j'aimerais vous parler: Ten Web 2.0 Things You Can Do in Ten Minutes to Be a More Successful E-Learning Professional (Downes, 2008- 25 mars).

Cette liste, largement inspirée (comme il le dit lui-même) de la liste de Lisa Neal (Ten Things You Can Do in Ten Minutes To Be a More Successful e-learning Professional) présente 10 "activités" que vous pouvez faire en 10 minutes (chacune!) pour être/rester dans le coup en matière de Web 2.0*. Je vous la traduis (et commente) ci-dessous (pour ceux qui préfèrent la version originale, c'est ici):

  1. Écoutez une conférence, un extrait de colloque, une présentation scientifique, etc. sur Internet. [Stephen mentionne  le site Educause Connect, une référence anglophone, mais il existe également une bonne référence francophone, CanalU. Vous pouvez par exemple y écouter la présentation de Thierry Karsenti sur les Nouvelles technologies, formation à distance, campus virtuels, où en est-on, comment continuer? Si l'un de vos fils RSS** vous rapporte une conférence, un extrait de colloque, etc. sauvegardez-le pour y revenir plus tard].

  2. Enregistrez une présentation de 10 minutes sur un thème de travail/recherche/étude et publiez cette présentation sur votre blogue [Comment ça vous n'avez pas de blogue? ;-). Stephen mentionne Odeo pour les présentations audio et Ustream pour les présentations vidéo. Moi, je vous propose encore mieux ;-): Kyte, que je viens de découvrir et que j'adore. Je vous en reparlerai dans un prochain billet, car ses possibilités sont énormes. En attendant, si vous ne connaissez pas, allez voir cette vidéo de présentation (Overview video, toute en anglais) sur leur site].

  3. Faites une recherche Internet sur le titre de votre dernier billet [Posté sur votre blogue!] ou sur un thème que vous avez travaillé ou auquel vous avez pensé récemment; mais attention: ne limitez pas votre recherche à Google, utilisez également Google Blog Search, Google Image Search, Amazon, Delicious, Technorati, Slideshare ou Youtube. [Et j'en rajoute quelques-uns : Dailymotion, Flickr, Kartoo, TeacherTube, Kyte, La toile du Québec, etc.]  Examinez rapidement les résultats et sauvegardez ceux que vous trouverez les plus intéressants/pertinents sur Delicious> [Là, ce serait le bon moment pour aller vous y inscrire, si ce n'est pas déjà fait] pour revenir les lire plus tard.

  4. Publiez, sur votre blogue [Bah oui; il serait temps d'en créer un si ce n'est toujours pas fait ;-)] un court article sur un sujet que vous venez d'approfondir, d'apprendre, etc.

  5. Faites le ménage dans votre portfolio électronique [Bien-sûr, vous savez tous ce qu'est un portfolio électronique/numérique et en avez tous un ;-)]. Ajoutez-y vos dernières présentations multimédia (Slides, etc.), le résumé de vos derniers travaux/recherches, etc.

  6. Allez sur le site de Zoho[Show] et créez un diaporama [Si vous ne savez pas comment, c'est par ici -en anglais-; n'oubliez pas de vous inscrire -comme toujours- avant d'utiliser ce service].

  7. Allez sur l'un des blogues que vous suivez (grâce à vos fils RSS) et parcourez leur liste de liens vers d'autres blogues, etc.

  8. Laissez un commentaire sur le site d'un chercheur, d'un spécialiste du e-learning.

  9. Parcourez des sites comme Engadget, Metafilter, Digg, Mixx, Mashable ou Hotlinks[Et je pourrais en ajouter toute une liste; je me contenterai de ces deux-là: Transnets et Mario tout de go]

  10. Allez faire/commencer/continuer une partie de Lexulous[Stephen parle de Scrabulous, que je ne connais pas; je pense néanmoins qu'il s'agit de la même chose: un jeu de mots/lettres] avec un ou des collègue(s) sur Facebook, ou de Backgammon [ou autres] sur Yahoo. Vous pouvez aussi aller faire un tour sur le site Lolcat[Il y a vraiment de tout sur Internet :-/], regarder une vidéo sur Youtube [ou aller sur Twitter].

Bien entendu, c'est à vous de faire la part des choses. Vous aurez bien compris que cette liste requiert déjà une certaine habileté avec le Web 2.0. Même si certains points (comme le 6, le 8 et le 10 par exemple) ne sont pas forcément -toujours- pertinents, cette liste reste très intéressante pour qui souhaite "pratiquer" le Web 2.0.
Amusez-vous bien!


* Si vous ne savez pas ce qu'est le Web 2.0, allez voir cette vidéo sur TeacherTube (en anglais) ou cet excellent article en français.

** Si vous ne connaissez pas les fils RSS, allez vous renseigner ici.


29 décembre 2008

Pour "être dans le coup" en matière de TIC(E): partie 1

Nombreux sont les enseignants qui ont le sentiment de moins maîtriser les TIC que leurs élèves. Alors, si vous voulez vraiment "être dans le coup", voici la première partie d'une petite liste (malheureusement non exhaustive, mais j'y travaille*;-)) de quelques outils numériques innovants (qui font partie de l'environnement quotidien de beaucoup de jeunes) et de quelques conseils:

  • Les blogues.

De plus en plus de jeunes ont un blogue. Une étude du cabinet américain Forrester aurait même montré qu'en 2007 les internautes français qui ont entre 12 et 24 ans seraient les premiers (en Europe) à lire ou à mettre à jour des blogues (ce que certains appellent, en bon français ;-) "faire du blogging"). Il s'agit donc là d'un outil à connaître, et même à exploiter en classe, comme le font déjà de nombreux enseignants (allez voir mes liens dans la catégorie Blogues de profs). Si ce n'est pas déjà votre cas, je vous conseille alors d'essayer de créer un blogue "professionnel", que vos élèves pourront consulter (à partir de l'école, ou, au moins, à partir de chez eux). Les blogues sont très simples à mettre en place, mais si vous avez besoin d'aide, vous pouver consulter mon tutoriel ici. Pour ce qui est des blogues des élèves, je demande toujours aux miens, en début d'année, de me dire si'ls en ont, ou s'ils en consultent, et si oui, lesquels (lorsqu'ils souhaitent le dire). Cela m'aide à les connaître un peu mieux, à cerner leurs goûts et leurs intérêts, à comprendre leur façon d'écrire, etc. Bien-entendu, le partage est réciproque et je ne manque jamais de leur signaler les blogues que j'aime consulter (des blogues qui, bien-sûr, pourraient les intéresser) et ceux que j'ai créés.

  • Les micro-blogues ou la micro-messagerie.

Peut-être avez-vous entendu ou lu ce drôle de petit mot qui signifie "gazouillis" en anglais: Twitter. Sans doute, puisqu'on en parle de plus en plus ces derniers temps.

Comme nous l'apprend Francis Pisani sur son excellent blogue (que vous retrouvez également dans ma liste de liens, catégorie Blogues sympa-TIC), "Twitter est le site de réseaux sociaux qui croît le plus vite". Son but semble pourtant bien anodin (certains disent même "inutile") puisqu'il s'agit de fournir une réponse simple à la question : "que suis-je en train de faire?".  Une fois inscrit (gratuitement), vous disposez ainsi de 140 caractères pour diffuser (via la plateforme Twitter, via un téléphone portable ou via une messagerie instantanée) vos messages à qui veut bien les lire/recevoir. Vous pouvez également choisir de suivre d'autres membres de Twitter, en adhérant à leur réseau. Bien-entendu, il ne s'agit pas uniquement de savoir ce que votre cousine ou votre meilleur ami fait au moment où elle/il poste un message sur Twitter, puisque Twitter peut aussi se révéler un excellent moyen de communication et d'information. On peut de cette façon suivre l'actualité, faire courir un scoop, etc. Obama s'en est par exemple servi lors de sa campagne. Francis Pisani s'en sert quant à lui pour "signaler certains articles qui [lui] semblent intéressants".

Vos élèves ne sont peut-être par encore des adeptes de ce concept. A vous alors de les étonner! Parlez-leur de Twitter*; mais avant, n'oubliez pas d'aller y créer un compte ;-) Vous verrez que bientôt, tout le monde (enfin presque ;-) y adhèrera.

* Twitter n'existe pour l'instant qu'en anglais; ce qui ravira les enseignants de cette belle langue.

  • Les réseaux sociaux.

Vous avez certainement tous entendu parler de Facebook, ce site Internet de réseautage social créé en 2004 et qui compte aujourd'hui plus de 140 millions de membres. Comme Myspace, Bebo, Orkut (de Google) ou Hi5, Facebook est un réseau social dit "de masse". On peut s'y inscrire gratuitement et rapidement en entrant quelques informations personnelles, telles que son nom, son prénom, son statut et ses intérêts. Une fois inscrit, vous pourrez y retrouver des amis, des personnes qui partagent les mêmes intérêts que vous, adhérer à leurs groupes, créer vos propres groupes. Comme les quelques 600 000 facebookiens montréalais (et les 8 millions canadiens), vous pourrez ainsi faire du "micro-blogging" (dans le même style que Twitter dont je vous ai parlé plus haut), partager des vidéos, des photos ("Facebook a dépassé Flickr comme le plus important site d'échange de photos") et des liens (comme dans les systèmes de signets). Vous pourrez même installer des applications vous permettant de partager des films, des livres, etc. Depuis le 23 avril 2008, il est également possible de clavarder ("chat") via Facebook.

Vous pouvez demander à vos élèves, mais je suis sûre que la plupart ont un compte sur l'un de ces réseaux. Il serait donc bon que vous en ayez un aussi. Attention toutefois à ne pas mélanger un compte Facebook personnel avec un compte professionnel; il ne serait pas, à mon avis, de bon aloi que vos élèves se retrouvent avec vos amis.

Et voilà pour aujourd'hui. Dans deux prochains billets je vous parlerai des systèmes de signets (comme Del-icio-us), des wikis, des flux RSS, de Youtube, de Flickr et de la baladodiffusion (les podcasts).





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